Hullabaloooo in Northern Ireland

Parce que j'ai envie de garder une trace de cette aventure, pour les autres et pour moi, Parce que la mettre sur le papier ne rimerait à rien, MOI et moi-même vous racontent "Hullabaloooo en Irlande du Nord".

22 avril 2007

Episode n°20 : Bis repetita

Je vous avais bien dit qu’on y retournerait. Et le pire, c’est que je ne peux même pas accuser les Leprechauns…

Le 16 mars 2007. 14h30, Collegiate. Fin des cours. Jutta m’attend. Retour à Portora. Peter nous attend. Pourquoi ? Départ imminent pour Galway. Retour vers le passé...

Le Gemini et le cricket

Sur la route, la radio est en marche. Pas grand-chose d’excitant. En tout cas, pas pour Jutta et moi. Peter, lui, est concentré sur ses sujets. Les yeux sur la route – c’est lui qui conduit – et les oreilles vers l’autoradio. Le cricket. Les championnats du monde. S’il pouvait, il y mettrait le corps tout entier, mais bon même lui est trop grand pour rentrer dans la radio (oui, je sais, le match de cricket ne se joue pas dans la radio, mais ne faites pas semblant de ne pas avoir compris l’humour détonant de cette blague). Un match de poule entre… Tiens, c’est vrai ça, entre qui d’ailleurs ? Bah, certainement trop concentré sur mon petit somme…

N’empêche, le cricket c’est un drôle de sport. J’ai essayé de comprendre. D’ailleurs, avec un prof comme Peter, je pensais bien y arriver. Mais rien à faire. Les voix du cricket me sont pour le moment toujours impénétrables. Tout au plus me souviens-je de « wicket », ou plus exactement de « wicket, wicket et wicket ». Un même terme pour désigner trois éléments différents. Pour les spécialistes, ça a certainement un sens. Pour moi…

Mais je n’ai aucune excuse. Un championnat du monde franchement, c’était une aubaine… Un mois et demi d’intense compétition entre le Sri Lanka, le Bangladesh, la Barbade et le Pakistan, je ne pouvais pas ne pas m’y intéresser, comme je ne pouvais pas non plus louper les championnats du monde de fléchette à plumes orange et les championnats du monde de billard zimbabwéen. Et pourtant… En dépit du retentissement phénoménal de l’évènement sur l’île d’Emeraude, je suis resté insensible aux subtiles nuances tactiques, techniques, technico-tactiques et tactico-techniques de ce sport universel… lement britannique.

Car, à ma décharge, force est de constater qu’en dehors des pays de l’ancien Empire britannique le cricket n’existe pas. Osons d’ailleurs le parallèle : le cricket est aux Britanniques ce que la pétanque est aux Français. Oui, oui, je sais, c’est une parenté qui n’est pas forcément évidente à première vue… Mais c’est à l’image des deux pays dont ils sont issus : ils sont tellement différents qu’ils finissent par se ressembler (je sais, ça ne veut pas dire grand chose, mais peu importe, c’est une phrase qui me plaît !). Enfin toujours est-il que ce qui pour moi synthétise le mieux toute l’étendue des différences entre le cricket et la pétanque, c’est la balle et la manière de jouer cette dernière.  

Après des recherches approfondies (ce qu’il ne faut pas inventer pour faire croire qu’on bosse…), j’ai en effet découvert que la balle de cricket est une balle, tandis que la balle de pétanque est une boule. Autrement dit, quand on lance la balle de cricket, elle fait … euh… son bruit (note aux lecteurs : si quelqu’un est spécialiste en son de balle de cricket, qu’il me fasse signe, je me ferai une joie de partager avec lui mes connaissances en matière de son d’alarme incendie du dimanche à sept heures du matin) et rebondit, tandis que la boule de pétanque fait « bong » (ou un truc du genre), s’écrase sur le sol et roule, roule, roule… Intéressant non ?

Ensuite, la balle de cricket est rouge (c’est ce que j’ai lu…) ; la boule de pétanque, elle, est grise – argentée. Et là je m’interroge… Pourquoi rouge absolument ? Pourquoi pas bleue ? Ou blanche ? Ou verte à rayures noires ? Mouais… Pourquoi pas rouge en effet… Mais dans ce cas, quid des daltoniens ? Je laisse cette question passionnante à votre sagacité et moi je continue !

Ou plutôt je termine. Et là il me faut me pencher sur les règlements internationaux du cricket… Alors… Ah voilà !

RÈGLEMENT

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Les règles du cricket sont plutôt complexes. L'équipe qui bat la première, privilège tiré à pile ou face, envoie deux batteurs sur le terrain, chacun à un guichet. L'équipe adverse envoie un lanceur à un guichet et un garde-guichet en position derrière l'autre guichet. Les neuf joueurs restants sont disposés sur le terrain à des endroits qui leur permettront d'attraper ou d'arrêter la balle une fois qu'elle aura été frappée. Un arbitre se trouve à chaque guichet. Les lanceurs envoient la balle, par en-dessous ou par au-dessus, sans plier le bras. Les batteurs peuvent frapper la balle dans n'importe quelle direction et, après l'avoir frappée, peuvent décider de courir vers la limite adverse. Si le batteur court, son partenaire court prendre sa place sur la limite. Si les deux coureurs atteignent la limite opposée avant que l'un d'eux soit éliminé, une course est marquée.

Le bat…* (* Merci à l’encyclopédie Encarta Études 2007).

_ Stop ! Stop ! Pitié !

_ Oui, Moi-même ?

_ Arrête, j’en peux plus ! C’est quoi cette torture ?! C’est pire que de t’entendre chanter sous ta douche !

_ Et encore, je suis gentil. Si je te lisais les règlements complets, ça durerait autant qu’un match de cricket test.

_ C’est-à-dire ?

_ Oh bah c’est l’affaire de cinq jours.

_ QUOI ?!?!

_ Mais je te rassure, ils prennent des pauses quand même.

_ C’est censé me rassurer ?

_ Ça devrait, oui.

_ … Dis, tu voudrais pas abréger mes souffrances ?

_ C’est-à-dire ?

_ Finis avec ton histoire de balles qu’on passe à la suite !!

_ Pourquoi ?

_ T’as peut-être omis un petit détail les concernant, non ?

_ Ah oui ?

_ Relis-toi et tu verras…

_ Et quelle est la dernière chose que j’ai dite les concernant ?

_ Rouge la balle de cricket, grise la boule de pétanque.

_ Ah oui voilà ! Et elle est en cuir aussi. Avec un cœur de liège.

_ Qué ?!

_ La balle de cricket.

_ Non ?!

_ Attention…

_ Ok, ok !! J’arrête !

_ Merci.

_ Tout ce que tu veux !

_ Fini j’ai dit !

_ O…

_ SHUT ! »

Pour finir donc, la balle de cricket est en cuir avec un cœur en liège (elle pèse environ 160 grammes), alors que la boule de pétanque est en métal… avec un cœur de métal. Son poids oscille entre 650 et 800 grammes – voilà aussi sans doute la raison pour laquelle la balle de pétanque est une boule. Surtout, cela me fait dire aux personnes qui sont adeptes de cricket ET de pétanque – ça peut arriver, on ne sait jamais : vérifiez bien avant de partir vous entraîner que vous disposez du bon matériel… Il serait en effet dommageable, pour les vertes pelouses du cricket, pour vous-même, mais surtout pour les pieds de vos amis, que le « bong » de la boule de pétanque se fasse entendre ailleurs que sur les sols poussiéreux, rocailleux, sablonneux, irréguliers des terrains de pétanque…

Mais où sont les Irlandais ?

Etre assistant. Je crois que je n’ai pas encore donné une seule définition exacte de mon rôle ici. Etre assistant donc. Mon but, c’est d’aider des élèves de 15 à 18 ans à améliorer la qualité de leur français à l’oral, à ce qu’ils se sentent plus à l’aise, plus en confiance. Je travaille surtout sur la grammaire, sur le vocabulaire et sur l’accent et la prononciation. Depuis récemment, je leur sers aussi de répétiteur en prévision de leur oral de fin d’année. Eh oui ! Je ne m’attarderai pas ici sur le système scolaire britannique, mais à partir du mois de mars environ, l’assistant, de quelque nationalité qu’il soit, complète sa mutation de perroquet en chef. Ça c’est pour la vie typique d’un assistant lambda dans une école standard.

En dehors de ses – plus rarement « son » - établissements, l’assistant, bien que les élèves s’en étonnent régulièrement, a une vie. Si, si. Un peu comme des personnes normales, il mange, il dort, il sort, il découvre, il parle et, parce qu’il veut s’intégrer au mieux, il tente de s’adapter au pays dans lequel il vit. Bref, l’assistant lambda, quand il est en Irlande (même du nord) pour un an, il essaye – un peu mais pas trop, faudrait pas exagérer non plus – de devenir Irlandais. Du coup, il adopte l’une des religions locales et se retrouve, par un moyen ou par un autre, à fêter la Saint Patrick. Mais comme il n’est pas encore tout à fait irlandais, il ne sait pas qu’il faut s’y prendre au moins un an à l’avance pour trouver un lit à Dublin à cette période de l’année et par conséquent il finit à Galway. Ce qui finalement est encore mieux, car beaucoup plus traditionnellement irlandais, comme le lui affirment les Irlandais eux-mêmes.

Bien entendu, l’assistant lambda, quand il sort ou quand il voyage, ne le fait jamais seul. Le plus souvent, voire même exclusivement, il est entouré d’autres assistants lambda. De même, l’assistant lambda sort / voyage généralement le week-end (hormis quand il est en vacances évidemment) et, à moins que l’assistant lambda ait un grain, en Irlande… De quoi, en résumé, rencontrer beaucoup, énormément, que dis-je, un nombre incalculable d’Irlandais ! A fortiori, je le rappelle, lors du week-end de la saint Patrick. C’est pourquoi je m’interroge… Des réceptionnistes français et australien à l’auberge de jeunesse, un serveur chinois au fish and chips et une famille américaine qui nous entourait à la parade : MAIS OU SONT LES IRLANDAIS ?!?!   

Ah ! Je viens à l’instant de recevoir une photo d’une touriste italienne en visite à Galway le jour de la saint Patrick. Elle me dit qu’elle a réussi à dénicher, à l’abri sous une devanture de magasin, deux Irlandais pure souche qui assistaient à la parade. Voici la photo en question :

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Intense moment d’émotion que celui d’admirer de si près les rescapés d’un peuple en voie de disparition…

Et ils sont où, et ils sont où les Irlandais ?

Bon, bon, bon, j’exagère évidemment. Mais il y a vraiment de quoi s’inquiéter pourtant !! Car des Irlandais, on n’en a pas croisé des masses le jour de la saint Patrick. Où se cachaient-ils ??? Et comment faire pour reconnaître un véritable Irlandais au milieu des faux le jour de la saint Patrick ??? Passage en revue de quelques idées reçues sur le comportement des Irlandais à la saint Patrick. Et là, ne soyons pas sérieux deux minutes...

Idée reçue numéro une : A la saint Patrick, l’Irlandais s’habille en vert.

VRAI et FAUX. A la saint Patrick, comme le reste de l’année, l’Irlandais s’habille en fonction du temps qu’il fait. C’est-à-dire que, lorsqu’il pleut, l’Irlandais ne cherche pas à faire son intéressant en portant un chapeau ridicule dont la couleur déteint sur le visage ou des chaussures qui prennent l’eau en deux secondes. L’Irlandais, en Irlande, quand la pluie diluvienne et le froid polaire menacent de transpercer les vêtements, il porte un K-way ou prend un parapluie – qui peuvent être verts il est vrai ! Eh, pas fou l’Irlandais !   

Idée reçue numéro deux : A la saint Patrick, l’Irlandais va au pub.

VRAI. Euh, en fait, il le fait toute l’année (vous vous souvenez, les religions nationales ?), mais la saint Patrick c’est quand même une super excuse !

Du coup, les pubs sont envahis, inondés, submergés, par les flots d’Irlandais, d’émigrés irlandais de retour au pays pour fêter la saint Patrick, de descendants d’émigrés irlandais de retour au pays de leurs ancêtres pour fêter la saint Patrick, d’étrangers qui rêvent de devenir irlandais et qui, pour ce faire, adoptent les fêtes locales ou d’étrangers simplement curieux qui viennent en touristes prendre du bon temps.

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Idée reçue numéro trois : A la saint Patrick, l’Irlandais est heureux.

FAUX. Enfin… pas toujours, mais quand la saint Patrick se confond avec un match qui peut offrir à l’Irlande son premier tournoi des Six Nations depuis 22 ans et, qu’à cause de secondes en trop par-ci, d’essais à la dernière minute par-là et de moments d’inattention par-ci par-là, la victoire finale vous passe sous le nez, l’Irlandais – tout au moins l’Irlandais fan de rugby – fait la gueule. 

Par contre, le Français supporter de rugby qui fait la saint Patrick en Irlande en portant du vert, un chapeau de Leprechaun et un trèfle sur la joue – le touriste en fait toujours trop, c’est terrible – lui il est très content ! Pour un peu, il se croirait même un 14 juillet !

Connemara (bis)

Pour terminer cet article, j’ai décidé de faire dans le ludique.

Comme vous le savez, je suis déjà allé dans le Connemara en octobre. Et comme nous avons emprunté la même route les deux fois (en même temps il n’y a pas le choix…), je vous propose de jouer au jeu des différences !

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Octobre 2006                  Mars 2007

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Posté par vinceinlille à 13:58 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Internationales...

Eh oui! la pétanque a aussi sa Fédération Internationale avec un "super long" règlement (voir lien)

Mais alors, n'as-tu jamais joué aux boules? Houlaaa! Aux Boules ou à la Pétanque..?
Et les boules en plastique en couleur pour les gamins! Tu n'en as jamais vu?
Et les boules ne font pas forcément "bong"... "Eh ! Marius !! Tu tires ou tu pointes , té ?" ben on peut la plomber, et là ça fait un gros "bong" mais aussi la rouler... comme au bowling.
Quoi qu'il y a des gens, quand ils jouent au Bowling, ça fait "bong" comme à la pétanque... pauvres pistes!

Enfin, tout ça doit avoir un historique à la rolling stones... faudra demander aux Pierrafeu

;-)
Je t'Aime.

Posté par Chris, 24 août 2007 à 18:40

Jachère...

Coucou !

Cela fera bientôt une année que ce blog est en jachère mais il n'est pas terminé ! ! !

Allez! Encore une dernière ligne droite pour cette année (universitaire!) et... j'espère bien pouvoir lire les dernières pérégrinations de Moi-même et Moi en cette belle terre verte d'Irlande.

Je t'Aime.

Posté par Chris, 01 juillet 2008 à 22:55

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