20 février 2007
Episode n°14: Road to Ravenhill (1/4)
Samedi 10 février 2007 avait lieu les 8èmes de finale de la Northern Ireland Schools’ Cup of Rugby, dont Portora Royal School est un des favoris cette année (on croise les doigts !).
Pour leur entrée dans la compétition, et devant un public venu en nombre, le XV de Portora a battu Limavady Grammar School (10-7) sur un drop dans les dernières minutes de son ouvreur Paul Galbraith.
Mais que ce fut dur ! Surtout quand, après quelques minutes de jeu seulement, alors que les Jaunes et Noirs semblaient devoir poser leur main sur le match, un contre de Limavady allait obliger PRS à courir après le score (0-7).
Malgré ce début manqué, qui plongeait l’assistance dans l’angoisse, les joueurs ne se décourageaient pas. Mais même si Portora se procura quelques occasions d’égaliser en première période, la maladresse (la fébrilité ?) empêcha l’équipe de notre cher Lachlin de convertir en points une domination brouillonne.
Ces occasions manquées faillirent d’ailleurs coûter très cher, car Limavady, qui défendait bec et ongle son avantage, fut à quelques centimètres d’ajouter un deuxième essai juste avant le repos. Qui sait alors ce qui se serait passé ?
Heureusement, l’avertissement fut sans frais. Et eut le don de sortir les Jaunes et Noirs de la torpeur dans laquelle il semblait sombrer. La deuxième mi-temps confirma ainsi ce que la première mi-temps avait laissé entrevoir. PRS, supérieur physiquement, démarrait mieux et prenait son adversaire à la gorge d’entrée, si bien qu’il ne fallait pas plus de quelques minutes pour voir les « black shirts » revenir à la marque sur un essai en coin (7-7), au plus grand soulagement de la foule et d’un Lochi qui serrait le poing rageusement sur la transformation de Paul.
Dès lors, la victoire de Portora semblait inéluctable. Cependant, il était dit que rien ne serait facile dans ce match. En effet, les fautes de main (et de passe : comment peut-on faire une passe à un joueur dans les pieds ?!) continuaient à polluer le jeu de PRS, notamment à l’approche de la ligne d’en-but, et l’on se demandait bien comment l’équipe, qui manquait vraisemblablement de lucidité (comment expliquer autrement que les joueurs soient les seuls à ne pas s’être rendus compte que le pack adverse était totalement à la ramasse ?) allait réussir à décrocher la victoire. Les spectateurs commençaient d’ailleurs à avoir des fourmis dans les jambes, au point que Claude (le prof français de Portora) veuille entrer sur le terrain pour aider « les gamins » à forcer la décision !
Finalement, Claude n’eut pas besoin de mettre la main à la pâte ! Et c’est même au pied – pourtant autre domaine technique plutôt hésitant dans ce match ! – que la décision allait se faire. Alors que le temps réglementaire était déjà terminé, Paul Galbraith profitait de sa position face aux poteaux pour inscrire le drop de la victoire, celui qui envoyait, au bout d’un match tendu, Portora en quarts de finale.
Au prochain tour, dans deux semaines, PRS ira défier Foyle, une école de Londonderry / Derry.
***
Mais le week-end de rugby ne s’est pas arrêté là ! En effet, dimanche après-midi avait lieu le match au sommet entre l’Irlande et la France, dans le cadre de la deuxième journée du tournoi des Six Nations.
Le match se déroulait à Dublin, à Croke Park, le stade normalement réservé à la deuxième religion nationale : le football gaélique. Imaginez, un antre de 82 000 places pour un pays qui ne compte même pas cinq millions d’habitants et pour un sport qui n’est pas professionnel !
Plus modestement, Dorothée, Jackie et moi, qui n’avions pas de billet pour le match, avons décidé de nous réunir dans l’endroit où l’on parle beaucoup de la deuxième religion nationale, et aussi de la première, et même de tout le reste à vrai dire : le pub ! Le pub qui est, lui aussi, à sa manière, une sorte d’autre religion nationale (ou « sport national », tout dépendra des croyances de chacun !).
Toujours est-il que, nous trois, la foi « Bleue » chevillée au corps, pénétrâmes dans cet autre temple de la vie irlandaise, là où se célèbrent les victoires et où s’oublient les défaites.
Alors que nous prenions place au fond du bar, loin de l’écran géant, la présidente irlandaise, Mary McAleese, serrait la main de « ses » joueurs. Puis ce fut le tour des hymnes (y’avait l’air d’avoir pas mal de Français dans le stade !) et enfin, le match put commencer !
Et dans les premières minutes, la France semblait marcher sur l’eau ! Le XV tricolore, animé par le feu sacré, étouffait son adversaire, si bien qu’au bout d’un quart d’heure de jeu le score parlait de lui-même (3-13 France). Inutile de dire que nous étions tous les trois aux anges !
Malheureusement, toute chose a une fin et l’état de grâce aussi. Les Irlandais, dépassés par l’entrée en matière des Bleus, revinrent progressivement dans le match. D’abord sur pénalité (6-13) puis sur un essai en coin de O’Gara, consécutif à un long travail pour user la défense française (11-13, 32ème minute).
Dans le pub, les fidèles supporters de l’équipe d’Irlande recommençaient à croire à la victoire. Pour l’équipe de France, la mi-temps arriva à point nommé quelques minutes plus tard.
Survoltés par leur fin de première période, il semblait inéluctable que les Irlandais passent devant au score. Mais grâce à une défense du feu de dieu, les lignes bleues tenaient encore solidement et interdisaient toujours l’accès au paradis.
A Pat’s, on le sentait, la tension et l’inquiétude montaient doucement : les supporters irlandais parce qu’en dépit de sa domination le Quinze au Trèfle ne réussissait pas à prendre l’avantage ; nous trois parce que même si l’équipe française était remarquable en défense, le problème était bien là, elle ne faisait que défendre !
De fait, la marque n’évoluait pas beaucoup dans cette seconde période. Plus les minutes passaient, et plus décisives devenaient les occasions de marquer. A ce jeu-là, l’Irlande crut avoir touché le Graal, quand une pénalité de O’Gara (14-13, 56ème) puis une autre à deux minutes de la fin du match (17-13, 78ème).
A Enniskillen, croyant que la messe était dite, le peuple vert se mit à chanter les louanges de son équipe. Hélas, trois fois hélas pour eux ! Le Deus ex-machina n’avait pas encore eu lieu ! Et c’est dans un silence de cathédrale, à peine perturbé par les hurlements hystériques de trois fauteurs de troubles grimpés sur leurs chaises, que la France, sauvée des eaux à plusieurs reprises en deuxième mi-temps, inscrivait un essai dans les toutes dernières secondes et remportait la victoire sur le fil (17-20, 80ème).
***
Alors que je savourais le goût de la victoire…
_ Euh, ‘scuse-moi, mais juste une question, je peux ?
_ Mouais, vas-y Moi-Même…
_ Elle avait quel goût cette victoire ?
_ Celui de la joie et du soulagement.
_ Vraiment ?
_ Oui, soulagement car au moins je suis sûr que PERSONNE ne viendra me narguer à l’école ! Joie car j’attends Rodney de pied ferme demain. Niark niark niark !!
_ Et dis-moi, cette victoire, elle n’avait pas aussi un peu le goût de Guinness ?
_ Non, en fait elle avait surtout le goût de la France… »
***
Le lundi matin, revue de presse des journaux irlandais à propos du match :
« Une bien cruelle manière de perdre un match » (The Irish Times)
« Une défaite qui fait vraiment très mal » (The Irish Times)
14 février 2007
Episode n°13: Irish Ballad
Irish Philosophy
There are only two things to worry about
Either you are well or you are sick.
If you are well,
Then there is nothing to worry about.
If you are sick,
there are two things to worry about.
Either you will get well or you will die.
If you get well,
There is nothing to worry about.
If you die,
There are two things to worry about.
Either you will go to heaven or hell.
If you go to heaven,
There is nothing to worry about.
But if you go to hell,
You’ll be so damn busy shaking hands with your friends.
You won’t have time to WORRY!!
***
West Side Story
Pour commencer (c’est une expression qui fait très didactique. Par contre, le mot « didactique » ne fait pas très didactique, ce qui est quand même un comble…), j’ai décidé de vous faire un cours de géographie sur l’Irlande.
Enniskillen, c’est là :
Et voilà la République d’Irlande. Comme vous le voyez, je n’en suis pas trop loin.
Et tant que j’y suis, Cong, Inisheer, Galway, Clifden, Westport, Achill Island et Sligo, tout est là !
Starring :
Les « G.O. » du voyage : Jutta et Moi (accompagné de moi-même)
+
Martina
On s’est bien pris la tête pour composer notre itinéraire, mais après moult embûches, indécisions et hésitations, on a finalement réussi à le boucler. Alors maintenant, tout le monde en voiture ! On accroche sa ceinture (très important), on met l’autoradio en marche, et hop, c’est parti pour notre West Side Story !
La galère, ça fait maintenant (à l’heure où j’écris) quatre mois qu’on y est habitué. L’arrivée, les premiers jours, la conversion, les bus, etc, vous en êtes familiers. Mais le truc qui est bien malgré tout quand tu galères tout le temps, c’est qu’à force de ramer… ben tu rames moins ! Ou tu te rames plus vite… Ce qui fait que tu pédales moins dans la semoule. En clair, tu APPRENDS à galérer du mieux possible !
C’est un art de galérer, ça ne s’apprend pas comme ça. A la base, ce sont notamment des années d’apprentissage intensif de non-débrouillardise et de mère-poulisme ô combien confortable. Ça te forge un caractère !
Ensuite, c’est une idée, saugrenue mais pas tellement : celle de prendre son INDEPENDANCE. Ça mûrit pendant quelques années (faut pas non plus que ça fermente, on risque alors la tanguiloïte aiguë) et finalement, un peu comme ça, on se retrouve à partir à l’étranger pour un an.
C’est là que commence la galère ! Mais encore une fois je ne vais pas refaire le tour de tous nos problèmes depuis le début. Non, je vais juste me concentrer sur les problèmes avant, pendant et après ces inoubliables (dans le bon sens du terme) vacances d’Halloween.
Avant :
On apprend toujours de ses erreurs, mais même en les corrigeant, on n’est jamais à l’abri de tout, et surtout des erreurs des autres ! A Limavady, on avait atteint un niveau jamais égalé de désorganisation (beaucoup) et de malchance (aussi), qui avait résulté dans ce calcul ma foi très simple :
énervement
+ colère
+ engueulade
+ fatigue
+ crise de nerfs
= la galère !
Les vacances se devaient donc d’être un moment de détente et de plaisir, et non la deuxième étape de notre tour d’Irlande à la rame. Pas de bol pour nous, les vents nous ont été contraires avant même l’embarquement ! Et naviguer contre le vent, chacun sait que c’est… ben oui je ne vous le fais pas dire ! Heureusement, tout est bien vite rentré dans l’ordre, et malgré un départ une nouvelle fois retardé (je ne suis pas le seul à être emmerdé avec les bus, n’est-ce pas Martina ?!), ce samedi 28 octobre 2006 vers midi nous nous sommes enfin élancés.
***
Rain or no rain
Une fois n’est pas coutume, le temps était loin d’être folichon – je sais que ça en surprendra plus d’un mais je vous assure que le climat en Irlande n’est pas aussi mauvais que l’on peut le croire. Pour être même tout à fait exact, c’est le seul jour de la semaine où il n’a pas fait beau. Et s’il ne faisait pas assez chaud pour se balader en tongs, short et marcel (‘faut quand même pas exagérer, je sais bien que l’Irlande est une île, mais les îles c’est comme les déserts, il y en a aussi où il fait froid !), au moins on n’a pas eu à se soucier du mauvais temps, même si, je me répète, ce jour-là fut plutôt l’exception qui confirme la règle.
Le problème dans cette histoire, c’est que l’Irlande – comme le Nord-Pas-de-Calais soit dit au passage – est victime de ses préjugés, préjugés qui sont soigneusement entretenus… par ceux mêmes qui y habitent ! On pourrait croire que ce sont eux qui les combattent avec force et courage, mais non ! Bien entendu il y a les faits (je suis très didactique moi aujourd’hui), contre lesquels on ne peut rien : en Irlande, il pleut. Enfin ça, c’est comme à peu près partout sur la planète. Bon ok j’avoue : il y pleut certainement plus qu’en Australie ou en Espagne (ou que dans les îles du Pacifique). Bref, c’est vrai, pas de bol pour l’Irlande, elle a été plantée trop au nord (entre 51°5’ et 55°5’ de latitude nord), mais c’est comme ça on ne peut rien y changer ! Et même avec un lobbying forcené auprès de la chaîne météo, Enniskillen ne sera jamais Cancun et l’Irlande ne sera jamais une île du Pacifique (mais doit-on vraiment s’en plaindre ?).
Alors on fait avec. Chacun à sa manière, mais chacun, à sa façon, en en remettant une couche. Certains, donc, le font avec humour : « Tu vas voir, six mois de l’année, c’est le Loch Erne qui se trouve dans le Fermanagh, et les autres six mois, c’est le Fermanagh qui se trouve dans le Loch Erne ! ». D’autres le font en ronchonnant « j’en ai marre de ce temps de chien, et encore on n’est pas encore dans les pires mois de l’année » et patati patata. D’autres encore le font de façon biblique « cela fait aujourd’hui 39 jours qu’il pleut ». Ouais, enfin dommage pour vous, l’arche n’est pas encore terminée, mais si vous voulez commencer à vous rassembler par paires, ça fera gagner du temps. D’autres enfin cherchent à faire peur « Et encore, on n’est qu’en septembre, on en a encore au moins jusqu’en février comme ça ». Cool…
Pourtant, je vous jure, le temps n’est pas si mauvais. D’ailleurs, je ne suis pas le seul à le dire :
« En dépit de sa situation relativement septentrionale — entre 51° 5’ et 55° 5’ de latitude nord —, l’Irlande bénéficie d’un climat relativement doux, typiquement océanique, marqué par l’influence régulatrice du Gulf Stream qui réchauffe les eaux atlantiques. (…) L’uniformité climatique prévaut, le relief ne constituant nulle part un obstacle, et l’amplitude thermique annuelle est faible : les températures moyennes oscillent de 4 °C à 7 °C en janvier et de 14 °C à 16 °C en juillet. » (Encyclopédie Encarta)
Bon, effectivement, après la description se gâte :
« La douceur contraste avec l’humidité du climat : l’Irlande reçoit chaque année en moyenne 1 016 mm de pluie, répartis sur plus de 200 jours avec un maximum hivernal. La côte occidentale est plus exposée aux perturbations océaniques et aux forts vents d’ouest, porteurs de pluie et d’embruns : elle reçoit en moyenne 2 500 mm d’eau. » (ibidem)
C'est-à-dire environ 2,5 fois plus de précipitations que dans le Nord-Pas-de-Calais par exemple, qui est, comme chacun sait, la plus belle et la plus ensoleillée région de France (et j’interdis quiconque n’y a jamais les pieds de me dire le contraire, non mais !!)… Mais il n’empêche qu’il fait bon vivre en Irlande. Ou alors s’ils tiennent absolument à faire croire qu’il fait super mauvais tout le temps en Irlande, il faudra qu’ils trouvent une meilleure raison que sa localisation géographique septentrionale face à l’océan Atlantique. Je sais pas moi, il pourrait dire par exemple qu’ « en des temps reculés, alors que le monde ne s’appelait pas encore monde et qu’il n’ était pas encore peuplé par les humains, les dieux se déchiraient pour le contrôle des terres émergées. Tandis qu’une guerre fratricide faisait rage, l’un d’eux, Kazinos, eut l’idée d’attribuer un numéro à chaque part de territoire – autant de numéros qu’il y avait de dieux – et de les répartir par tirage au sort… » Et ainsi de suite jusqu’à la fin…
Oui c’est ça, il va leur falloir mettre le paquet, inventer une bonne grosse légende bien fantastique, bien épique, car autrement, leur réputation de pays où il pleut beaucoup, partout et tout le temps, sera bientôt ruinée…
PS : Mis à part ça, notre mise en route s’est bien passée. Premier jour tranquille marqué par la visite de Ashford Castle. Ashford Castle, c’est un vieux bâtiment moyenâgeux racheté par la famille Guinness (je ne pense pas – ou plus tout au moins – avoir besoin de préciser QUI est la famille Guinness !!!), et qui a aujourd’hui été transformé en hôtel de luxe quatre étoiles. D’allure extérieure, ça fait un peu château écossais, mais comme il est impossible de visiter le château, on s’est contenté de faire un tour dans les jardins. A retrouver dans les albums photos (comme toutes les autres étapes de notre périple).
***
Hit the Road Jack
Si la météo irlandaise est bien une légende, en revanche les rumeurs concernant le mauvais état des routes irlandaises n’en sont pas une ! D’ailleurs, c’est bien simple, si on peut envier aux Irlandais leur bière et leur whisky [en exclusivité mondiale, je vous propose maintenant ma théorie sur la qualité de l’alcool en Irlande. Elle est très simple en fait : tous les Irlandais sont en fait des testeurs officiels des marques Guinness ® et Bushmills ®, c’est pour cela que la bière et le whisky sont si bons ici. Mais du coup, comme c’est très bon, les Irlandais en boivent encore plus, d’où le fait que tous les samedis soirs, les rues sont bondées de gens bourrées !], en revanche leurs routes, ce n’est pas l’autoroute du plaisir !
En fait, c’est bien simple, les routes irlandaises sont tellement étroites que tu ne roules ni à gauche – le bon côté par ici je le précise pour ceux qui envisageraient de traverser l’Irlande en voiture, quoique je ne suis pas sûr qu’avec ce que je vais dit, ils aient encore très envie de le faire ! – ni à droite, mais au centre ! Et encore, même au milieu de la route – enfin sur la route quoi – on est susceptible de ne pas être tranquille. Pourquoi ? Les moutons, ça vous dit quelque chose ? Attention, je ne parle pas de n’importe quel mouton, je parle du mouton irlandais ! Le seul ! L’unique ! Le mouton irlandais, c’est une race à part : c’est le SEUL mouton tout terrain au monde, capable de brouter partout et par tout temps ! Et notamment au milieu de la route (allez savoir ce qu’il broute alors ?)…
Bon évidemment, ce n’est pas partout comme ça. Non, la plupart du temps, ce ne sont pas les moutons qui sont gênants, ce sont plutôt les légions de gros 4×4 à pneus de tracteurs qui circulent dans ce coin-là. Oui, car les Irlandais ne connaissent pas la voiture normale, celle pour laquelle on n’a pas besoin de marche pied afin de monter dedans. Eux sont passés directement du tracteur au 4×4. Ce qui pose évidemment problème quand une Mini Cooper – nous – se retrouve face-à-face avec un 4×4 – tous les autres…
En même temps, si je veux être franc, je dois dire que je comprends les Irlandais. Ben oui, les routes irlandaises, c’est un peu comme une jungle avec tous ces moutons sur les routes. Donc, comme dans la jungle, c’est la loi du plus fort qui prévaut : soit les Irlandais conduisaient des Mini Cooper et c’est eux qui y passaient, soit ils optaient pour les 4×4 et ils sauvaient leur peau. Alors, évidemment y’a pas eu photo !
N’empêche que je ne comprends pas pourquoi les Irlandais n’enferment pas leurs moutons dans des enclos comme tout le monde. C’est vrai quoi, ça permettrait d’éviter des carnages de moutons et de Minis Coopers. A moins que… Non, ça ne peut pas être ça… Peut-être que… Oui pourquoi pas après tout… Je viens de penser à quelque chose : et si les moutons irlandais étaient en fait la botte secrète du gouvernement irlandais pour lutter contre les excès de vitesse sur les routes du pays ? C’est une théorie un peu farfelue mais je vous rappelle qu’on est en Irlande, au pays de la Guinness et du Bushmills (c’est là qu’on va voir ceux qui me lisent en diagonale et ceux qui ont le courage de se taper mes pavés mot par mot et ligne par ligne !).
« Et pourquoi continuent-ils à mettre des moutons sur les routes alors que les Irlandais, pas cons, ont trouvé la parade suprême avec le 4×4 ? »
Merci Moi-même d’avoir posé la question. Je vois deux explications. La première est la suivante : contrairement à ce que l’on croit, Molly n’était pas la première brebis clonée. En effet, il y a de cela des années, quand le gouvernement irlandais a décidé de se servir des moutons comme ralentisseurs, il a fait modifier les gènes de quelques moutons afin que ceux-ci se reproduisent plus vite, et ce dans le but légitime de contrôler le coût de son investissement. Résultat, il est aujourd’hui impossible d’enrayer la prolifération de l’espèce, car les moutons se reproduisent trop vite pour qu’on puisse y faire quoi que ce soit…
La deuxième, c’est que le gouvernement irlandais, toujours lui, avait décidé de frapper un grand coup dans le domaine de la sécurité routière. Dans ce but, il avait donc signé dans le plus grand secret un contrat avec le puissant syndicat des bergers irlandais. Ce contrat stipulait que l’Etat irlandais s’engageait à acheter au syndicat 50% des moutons nouveaux-nés, et ce sur une période de plusieurs décennies. Résultat, depuis des dizaines d’années, et malgré la parade trouvée par l’automobile club irlandais, le gouvernement continue d’honorer son contrat, attendant patiemment que celui-ci prenne fin.
« Si ça c’est pas de la légende !
_ Euh, Moi-même, tes commentaires, tu peux te les garder hein ! Et puis si t’as une meilleure idée, tu peux toujours nous en faire part.
_ ...
_ C’est bien ce que je pensais… Je peux continuer ?
_ …
_ Je te remercie. »
Où en étais-je ? Ah oui ! Les moutons… Enfin y’a pire. Oui, car il arrive parfois que, comble de malchance, on se trouve nez à nez ET avec un mouton ET avec un 4×4… A ce moment-là, c’est la Mini qui se barre quatre à quatre (enfin c’est ce qu’elle ferait si elle avait des jambes). Non moi je vous le dis, c’est très simple : là-bas, quand t’as une Mini Cooper, t’as pas le droit de rouler. Ou alors tu prends le bas-côté. Et c’est à ce moment-là que paf ! tu te prends un autre mouton qui broutait tranquillement son herbe ! Oui, comme vous dites, y’a vraiment de quoi devenir chèèèèèèèèèvre…
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Les Lacs du Connemara
Pendant les vacances, comme on était souvent sur la route, la radio (RTE2 FM, devenue depuis la seule radio que l’on écoute même dans la cuisine) ou les cassettes marchaient beaucoup, et on avait donc toujours un fond de musique. Malheureusement (?), pas de chanson française, et donc… pas de Michel Sardou interprétant la très fameuse chanson « Les Lacs du Connemara » pour accompagner notre traversée. Rhalala quel dommage ! Ce sont les TAC (souvenir de l’année dernière) qui vont déchanter. Je suis d’ailleurs au regret de leur annoncer que je les quitte et que j’ai le plaisir (et le malheur) de vous annoncer ici même la naissance du groupe mort-né, The Foreign Casseroles, qui n’aura vécu que l’espace de quelques jours, dans nos têtes et dans nos discussions, ce qui, ma foi, est amplement suffisant, vu les qualités vocales édifiantes de ses différents membres (moi le premier, mais j’assume tout à fait !)…
Mais revenons à nos moutons (je sais, c’est très nul comme feinte, mais vous n’allez quand même pas me blâmer de contribuer à la défense de la richesse de la langue française ?)… La deuxième journée de notre périple a commencé très tôt. Enfin un peu moins tôt que ce qu’il aurait dû, puisque c’était le dimanche où l’on changeait d’heure (60 minutes de dodo en plus !), mais très tôt quand même. En effet, comme nous voulions passer la journée sur Inisheer, l’une des trois îles d’Aran (avec Inis Mor et Inis Man), il nous fallait attraper le bateau qui partait au matin vers 10h30. Ce qui voulait dire qu’on devait être debout vers 6h30 au matin, le temps de prendre la douche, le petit déjeuner et de faire la route jusqu’à Rossaveal. Je me rappelle d’ailleurs qu’outre des paysages assez superbes, on avait pas mal ramé à certains endroits, car pour ceux qui ne le savent pas, les gens parlent encore (un peu) gaélique dans l’ouest irlandais (tiens, vous voyez que je ne suis pas le seul à défendre ma langue !)… ce qui implique bien évidemment que les panneaux indicateurs sont aussi en gaélique… N’est-ce pas charmant ?
Toujours est-il qu’après avoir navigué à l’aveugle ou presque pendant une bonne demi-heure, nous sommes enfin parvenus à Rossaveal, où nous avons donc laissé Choupette (c’est le nom de la Mini, approuvé même par sa conductrice allemande) jusqu’au lendemain matin.
Acheter des tickets pour effectuer la traversée jusqu’aux îles d’Aran, c’est entrer de plain pied dans la lutte entre les anciens (les gens du cru) et les modernes (les incrustés). Nous n’avons pas été directement concernés, car nous avons acheté nos billets bien loin du port et de l’endroit d’embarquement, là où la lutte fait rage, mais en revenant d’Inisheer, j’ai été le témoin de cette foire d’empoigne verbale… D’habitude, sur les ports, c’est à celui qui gueule le plus fort pour vendre son poisson (je tiens à préciser que le verbe « gueuler » n’est ici empreint d’aucune connotation négative). Cette fois-ci, pas de poissons à vendre, mais des chalands qu’il faut attirer dans ses filets. Dans le rôle de l’appât, deux sirènes qui jouent de leur voix mélodieuse pour draguer les « marins d’eau douce ». Chacune a ses arguments, mais toutes les deux rament, car le passant se fait rare en cette période de l’année. Et quand un touriste égaré s’apprête à mordre à l’hameçon, les deux sirènes se font pirates : à l’abordage et pas de quartiers !
Autant dire que la cible n’a dès lors que très peu de chance de pouvoir mettre les voiles. Personnellement, je n’aime pas être pris entre deux feux, mais notre valeureux voyageur, lui, ne s’est pas laissé démonter par la houle : « Alors Mesdames, pile ou face ? » « Pile ! » crie l’ancienne, « Face ! » hurle l’autre. « C’est face. Désolé Madame… » Et tandis que la gagnante se met à rêver à la pêche miraculeuse, la perdante elle fourbit ses armes, pérorant dans son coin, insultant l’autre comme du poisson pourri…
La seule chose dont je ne me souviens plus en ce qui concerne cet incident, c’est si notre naïade a injurié sa concurrente en gaélique ou en anglais. Non pas que cela fasse une grande différence pour moi (je ne suis pas spécialiste en « gromotologie anglaise »), même si nous avons profité de notre séjour sur Inisheer – et de la rencontre de Paul, Irlandais très « républicain » – pour enrichir notre déjà immense (si si) culture linguistique de quelques mots d’irlandais… que j’ai déjà oublié pour la plupart, hormis « slantja » (à la tienne !), « mentora » (professeur) et « amadon » (imbécile). Allez savoir pourquoi…
Pour terminer sur Inisheer (didactique oblige…), ajoutons que c’est la plus petite des trois îles d’Aran, par sa taille (4km carrés) et par son nombre d’habitants (environ 250), ce qui nous a fait dire que quand même, trois pubs pour si peu de monde, ça faisait un sacré ratio ! Bon, il est vrai que les distractions manquent sur l’île – à moins que l’on aime compter les pierres, parce qu’alors là il y en a pour des jours – donc forcément il faut bien un lieu où les gens peuvent se rencontrer. Et là à part l’église, force est de constater que Là-bas, sur Inisheer, On vit encore Au rythme des pluies Et du soleil, Au pas des chevaux…
***
Galway, Gaule-way, Go-away ?
Dans ce périple, Galway s’annonçait comme une oasis, un retour furtif mais indispensable à la civilisation. Galway, la seule véritable ville sur notre route. Un îlot perdu au milieu d’un océan de verdure, de moutons et de routes mal entretenues. L’attraction.
***
« Mon royaume pour [une petite cuiller] ! »
Assis à une table du King’s Head, Jutta, Martina et moi (toujours accompagné de moi-même) maugréons contre le barman. Nous sommes dans le pub le plus célèbre de la ville – une chance que nous ayons trouvé une table ! – et alors que tout aurait pu bien se passer, voilà qu’à peine la commande passée, cela tourne déjà au vinaigre – une chance que nous ayons trouvé une table ????
Je ne sais pas comment raconter cette histoire sans qu’elle paraisse stupide. Je me triture les méninges pour trouver une manière intéressante de narrer les événements, mais pour le coup, il me sera plus que difficile de transformer la boue en or, et même les légendes n’y pourront rien. Mais puisque j’ai décidé de raconter notre semaine en chanson, je crois qu’il est des paroles qui s’imposent tout naturellement ici pour résumer l’attitude de notre cher ami : « quand on est con, on est con ». « Pourquoi tant de haine ? », me direz-vous, et vous avez raison, je vous dois une explication. Celle-ci est d’ailleurs très simple : à cause de petites cuillers.
Yep, pour si peu. C’est vrai que ça n’a l’air de rien, des petites cuillers. C’est insignifiant une petite cuiller. Un luxe, une babiole, un gadget peut-être même pour certains. Il est sûr que si les petites cuillers venaient à disparaître, le monde ne s’écroulerait pas pour autant (ou alors c’est que les gens sont encore plus fous que je ne le crois). Mais le fait est qu’elles existent toujours et que même si ça fait suer un serveur pas très serviable (je vous laisse apprécier le paradoxe), les petites cuillers, il arrive que les gens s’en servent, et plus souvent qu’il ne semble le croire.
Mais peut-être lui-même en fait-il l’économie ? Non pas que je m’en soucie, car il peut bien faire ce qu’il veut, mais j’essaye de comprendre pourquoi ce monsieur refusait de nous donner des cuillers pour touiller notre Irish coffee (je ne m’attarderai pas ici sur la propreté du verre, sinon il y aurait de quoi déclarer une troisième guerre mondiale…)… Ou alors il les collectionne ? Ou bien il les jette à la poubelle après la première utilisation ? Ou encore, il s’en sert pour décorer les murs de sa chambre ? Ou peut-être veut-il aider les gens à décrocher de leur addiction à la petite cuiller ? Je cherche, je cherche, mais plus je cherche et moins je trouve. Non, pour être exact : plus je cherche et plus je verse dans l’absurde.
Et même en cherchant du côté de l’absurde… (songes) Oui, pourquoi pas après tout : peut-être ne sait-il pas ce qu’est une petite cuiller ? Ou peut-être est-il en fait un extraterrestre qui venait de prendre possession du corps d’un humain ? Nan, la science fiction, ça ne marche pas non plus. Alors, Monsieur le barman, POURQUOI ???? Ce n’est plus une simple question que je vous pose, c’est LA question. Celle qui peut changer la face du monde (finalement on y arrive…). LE secret le mieux gardé de toute l’humanité.
Bon allez, j’arrête là le délire, toute cette histoire n’a ni queue ni tête. Enfin, pour être tout à fait honnête, des cuillers, il a fini par nous en donner. Des sales. Une première fois. Puis une deuxième fois quand on y est retourné quelques minutes plus tard.
« N’est stupide que la stupidité » a dit le grand penseur qui courait très vite… Ouais, je crois qu’avec ce barman, on a rencontré la Stupidité. Et le pire, c’est qu’on a été assez stupide pour retourner dans ce pub en soirée. Allez comprendre…
***
Galway…
« Galway (ville), en gaélique Gaillimh, ville de l'ouest de la république d'Irlande, chef-lieu du comté de Galway, port sur la baie du même nom.
La ville de Galway exporte de la laine et des produits agricoles régionaux ; elle possède, en outre, de nombreuses pêcheries, distilleries, fonderies et minoteries. De nombreux bâtiments anciens de la vieille ville attestent une influence espagnole : en effet, la ville entretint, jusqu'au XVIIe siècle, un commerce florissant avec l'Espagne. La ville nouvelle, avec ses rues spacieuses, descend lentement vers la mer et le Lough Corrib. Parmi les églises de Galway, il faut retenir Saint-Nicolas, un bâtiment cruciforme datant de 1320. Il reste quelques fragments d'une muraille fortifiée, édifiée autour de la ville, aux environs de 1270, soit approximativement à l'époque où Galway prit son essor commercial. Galway est le siège d'un collège universitaire (1845) rattaché à l'université nationale d'Irlande. Population (estimation 1993) : 48 000 habitants. » (Encyclopédie Encarta)
Gaule-way…
Des Français. Un peu, beaucoup, passionnément. A la folie ? Non, trop à mon goût.
Go-away…
Une attraction qui tourne mal. Un grand huit qui vous étourdit. Une barbe à papa trop sucrée qui vous dégoûte.
Un paradis, mais artificiel, enfin… pas (plus) forcément très authentique. Ou trop authentiquement irlandais : un paradis… pour les touristes.
Une carte postale. Et le cliché qui va avec.
Il est temps de partir.
Mais on reviendra, c’est sûr.
En attendant, « the show must go on ».
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On the Road ! AGAIN ??!!
Mine de rien, si l’on fait le compte, elle en a fait des kilomètres la Choupette ! Environ 900 (un peu plus ou un peu moins, je ne me rappelle pas). Ce qui veut aussi dire que ses occupants (Martina, Jutta et moi, si jamais vous ne suiviez pas !) ont aussi parcouru environ 900 kilomètres. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas forcément la voiture que ça a le plus fatigué !
Il faut bien garder à l’esprit une chose quand je dis ça. Non, en fait, il bien garder à l’esprit DEUX choses quand je dis ça. Premièrement, la voiture dans laquelle on a voyagé, c’est une Mini. Deuxièmement, je mesure environ 1m87. J’ajouterai même – troisième chose – que nous étions trois personnes dans la voiture. Trois personnes, deux sacs de randonnée pleins à craquer et une valise à roulettes non moins pleine. Entre autres. Avec un coffre de toit certes. Mais dans la Mini tout de même…
Cela donne parfois quelques scènes assez cocasses. Du genre quand il y a une bosse sur la route : « boum boum boum !» fait la voiture et « dong ouch aïe ! » font en cœur Martina et Vincent. Et encore je n’ai pas à me plaindre. Je pense que ma situation était « confortable » comparé à celle de Martina à l’arrière. Il faut dire que la Mini ne ressemblant par définition que très peu à un monospace, Martina se trouvait fort peu à son aise. Mais les routes étant loin d’être praticables (moutons, 4×4, j’en passe et des meilleures), Martina avait régulièrement l’occasion de constater par exemple la voiture était basse et combien le toit était proche du sommet de son crâne. Ou bien encore avait-elle la joie de tester la qualité et l’endurance des amortisseurs (et aussi, à son grand dam, de son postérieur. Aussi, le voyage avançant, la fatigue s’accumulait. Eh oui, on the road… AGAIN ?!?!
J’ai l’air de me plaindre, mais j’ai trouvé ça très marrant au contraire. Et puis voyager en Mini, ça a aussi ses bons côtés. Sans compter que cela nous a offert quelques bonnes tranches de rigolade.
1) Premièrement, la Mini de Jutta est allemande, c’est un vieux modèle et elle est verte avec un toit blanc. Trois bonnes raisons de se faire remarquer. Et effectivement, ça a plutôt bien marché.
2) Deuxièmement, il y avait trois personnes dans la Mini de Jutta, avec chacun un sac de voyage )ou une valise, et aussi un coffre de toit. Deux autres bonnes raisons de se faire remarquer.
3) Enfin, troisièmement, la Mini est… mini (ouh la lapalissade ! ouh le pléonasme !). Et au milieu des moutons, 4×4, j’en passe et des meilleures, ça fait vraiment… mini. Une dernière TRES bonne raison de TOUT FAIRE pour qu’on remarque notre mini Mini !
Enfin, dans le Connemara, nous ne sommes pas les seuls à nous être fait remarquer…
S’il y a bien quelque chose que tu es sûr de trouver quand tu vas dans le Connemara – en dehors des beaux paysages, des moutons, des 4×4, j’en passe et des meilleures – c’est la tranquillité. Car il n’y a pas plus perdu et isolé que le Connemara (en tout cas le Connemara fait partie du top 10).
Et pourtant DonG oUCh aÏe ! … Désolé… Pourtant, disais-je donc, ce jour-là (le 31 octobre 2006), un évènement vint rompre cette inaltérable monotonie. Alors que nous roulions sous le soleil de l’après-midi tout en admirant le paysage sur la route quelque peu cabossée qui traverse le Connemara, nous fûmes bientôt intrigués par la présence sans cesse grandissante de voitures garées sur le bas-côté. Et soudain, il a bien fallu se rendre à l’évidence : des voitures, devant, derrière, sur les côtés, partout ! Nous étions coincés dans un embouteillage au beau milieu du nulle part du Sud ! Mais au moins, on avait les beaux paysages pour se consoler.
Enfin, le plus drôle dans l’histoire, ce n’est peut-être pas que l’on se soit retrouvé en plein milieu d’un embouteillage. Non, croyez-moi quand je dis que la raison pour laquelle on a avancé au ralenti pendant une bonne heure et demie est infiniment plus marrante.
Mais avant d’y venir, laissez-moi encore une fois vous donner un petit aperçu de la culture irlandaise… Comme vous le savez peut-être, le Connemara est très réputé pour ses poneys. Le poney du Connemara, pour vous le décrire un peu, a des pattes assez courtes, qui lui permettent néanmoins de parcourir de longues distances. Il est le produit de son environnement naturel : les montagnes accidentés de l’ouest irlandais. Solide sur ses pattes, vigoureux et très agile, il possède de très grandes qualités de résistance, d’endurance et d’adaptabilité. Le poney du Connemara est enfin très réputé pour sa versatilité, son caractère gentil et raisonnable, ainsi que sa capacité à tracter de lourdes charges sans rechigner… Quand j’y réfléchis, si je ne savais pas que je parlais du poney du Connemara, je penserais que je parle de la Mini ! Mais non, il n’en est rien.
Pour être franc, je n’ai pas à me vanter de quoi que ce soit. En fait, je devrais même avoir honte. Pour deux raisons. La première, c’est que je me suis contenté de traduire de manière approximative l’extrait d’un article trouvé sur un site internet. Ensuite, parce que j’ai quand même eu le temps de les admirer ces poneys durant notre fameux embouteillage en plein milieu du Connemara ! Ben oui, c’est même à cause d’eux qu’on a été bloqué !
Vous connaissez certainement tous la braderie de Lille. « Ca y est, le revoilà qui ramène sa science. _ Oui, Moi-Même, mais ça ne sera pas long. » La braderie de Lille donc. Et ses rues pleines à craquer d’étals, de bibelots à brader et de badauds qui flânent. Partout, partout, partout. Si vous ne connaissiez pas, au moins en avez-vous maintenant une image, même vague. Gardez-là bien en mémoire. Bien, maintenant, oubliez Lille. Transportez-vous dans la campagne. Imaginez une seule route et une seule, étroite, qui traverse des plaines d’herbes folles. Puis transférez-y la braderie de Lille, avec les étals, les bibelots et les badauds qui flânent. Ajoutez-y les poneys du Connemara et vous obtiendrez une horse fair (vente de chevaux et aussi braderie dans ce cas-là) ou le pourquoi du comment de notre embouteillage…
Une horse fair, c’est comme un mouton, ça ne prévient pas. Et quand c’est sur la route, eh bien vas-y pour avancer ! Plus sérieusement, je suspecte le gouvernement et la sécurité routière irlandais d’être encore derrière tout cela…
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Chorus
Après vous avoir époustouflé par mon savoir (on a toujours le droit de rêver non ?), je vais maintenant vous émerveiller par mes talents de photographe. Pour éviter de vous éblouir, veuillez saisir la paire de lunettes de soleil la plus proche et filons maintenant au sommet du Mont Minaun, sur Achill Island… Pas de mots, juste des photos. Parce qu’elles parlent d’elles-mêmes, et surtout mieux que moi.
Ah… Achill Island… (soupirs)
Oui, Achill Island… La vraie attraction. Le VRAI endroit à ne pas manquer (quand il fait beau bien sûr).
Tiens, j’aurais d’ailleurs une autre histoire à vous raconter à propos d’Achill Island. Une sombre histoire de tentative de meurtre dans l’auberge de jeunesse où on a dormi… Ca s’est passé il y a longtemps. On a même écrit un livre (The Playboy of the Western World) et tourné dans ces mêmes lieux un film (avec Daniel Craig, le nouveau 007) à ce sujet…
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Les Choristes
"On apprend toujours de ses erreurs, mais même en les corrigeant, on n’est jamais à l’abri de rien, et surtout des erreurs des autres !"
A Limavady, on avait atteint un niveau jamais égalé de désorganisation. Eh bien à Sligo, on a surtout joué de malchance !
Vaccinés par l’épisode de Limavady, on avait en effet réservé les auberges de jeunesse quelques semaines à l’avance, histoire de ne pas être pris au dépourvu le moment venu. Manque de bol, alors que tout s’était très bien passé jusque là, Sligo, dernière étape de notre Mini tour of Ireland, nous a rappelé que l’on ne contrôlait jamais tout à fait tout.
Arrivés à Sligo en fin d’après-midi, notre premier réflexe fut comme d’habitude de chercher l’auberge de jeunesse, afin de nous délester de nos sacs et de pouvoir vagabonder plus à nos aises ensuite. C’est donc ce que nous fîmes, sauf que… Sauf que lorsque nous arrivâmes à l’auberge de jeunesse, la propriétaire nous annonça qu’ « une erreur avait été commise lors de la réservation. La personne qui s’en est occupée n’a pas fait attention que l’auberge affichait déjà complet à cette période de l’année à cause du concours de chorale qui se tient en ville ce week-end. Comme la réservation a été prise en compte et qu’il n’y a aucune place de libre dans les autres hôtels de la ville, je vous propose de vous loger ici tout de même, mais pas dans ce bâtiment, dans celui qui se trouve de l’autre côté de la cour. Je vous prie de nous excuser, mais on essaye de vous prévenir depuis trois jours en téléphonant dans toutes les auberges de la région et même du pays, malheureusement il semblerait que l’information ne soit pas passée. »
A Limavady, cette péripétie aurait été la goutte qui fait déborder le vase. Mais à Sligo, peut-être à cause de la fatigue, peut-être parce qu’on s’est dit qu’il y avait des choses plus graves, on n’a pas fait les difficiles.
Bien sûr la pièce a d’abord été trop froide (au point que les filles s’endorment avec leurs manteaux) puis trop chaude. Bien sûr on a dormi par terre sur des matelas. Bien sûr on a payé le même prix que si on avait dormi dans un vrai lit, mais après tout on allait pas se laisser gâcher la semaine pour ça !
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I wish I was back home in Enniskillen
Vous savez comment ça se passe quand on est sur le chemin du retour. Souvent, on est partagé entre deux sentiments contraires.
Le premier sentiment, c’est celui que l’on a avant le départ, et pendant toute une partie du voyage. Le premier sentiment, c’est celui qui nous trotte dans la tête et que l’on a parfois au bord des yeux et qui nous dit « je ne veux pas rentrer ! ». Non, je ne veux pas quitter déjà ces vacances qui sont passées trop vite et dont j’ai l’impression de ne pas avoir profitées. Et l’on quitte les vacances à regret. On range les affaires dans le sac une dernière fois, on charge la voiture, et on embarque, direction le retour. Finies les randos, les photos et les restos. Re-bonjour « métro, boulot, dodo » !
Et puis il y a le deuxième sentiment. Le deuxième sentiment, c’est celui que l’on éprouve quand on lit pour la première fois sur un panneau au bord de la route « MAISON 100 miles ». A ce moment-là, le premier sentiment s’efface complètement. A ce moment-là, c’est le « je voudrais déjà être arrivé ! » qui prend le dessus. Et là plus question de vacances, on a juste envie de retrouver tout ce qu’on a quitté quelques jours, semaines, mois ou même années auparavant. Ce n’est pas faire preuve de légèreté, c’est juste humain. Après tout, there is no place like home (though Enniskillen is not my actual home, but that’s another story).
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Je vous ai raconté nos vacances, mais vous l’avez peut-être remarqué, je n’ai pas parlé de tout ce que j’ai fait et de tout ce qu’il s’est passé. Tribute donc à ce qui est passé à la trappe. J’ai nommé, entre autres : la rencontre avec le berger sur Achill et notre intéressante discussion sur l’éducation des enfants, la visite de Kylemore Abbey ou encore le premier fish and chips de toute ma vie. Non pas que cela ne valait pas le coup d’être raconté ou que j’aie oublié, au contraire, mais cela vous donnera l’occasion de me payer un café pour que je vous le raconte !































































