Hullabaloooo in Northern Ireland

Parce que j'ai envie de garder une trace de cette aventure, pour les autres et pour moi, Parce que la mettre sur le papier ne rimerait à rien, MOI et moi-même vous racontent "Hullabaloooo en Irlande du Nord".

03 décembre 2006

Episode n°11 : Neverland

C’est une histoire qui commence avec un pain et qui se termine au milieu de nulle part, allongés dans la mousse, au bout du bout du week-end, au début de l’Histoire.

Le pain irlandais et les canards

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Une de mes activités favorites ici, c’est m’asseoir sur les berges du lac au pied de Portora et y admirer les canards. Un de mes souhaits avant d’arriver (et j’insiste sur le « avant »), c’était de goûter à la nourriture irlandaise (question de respect vis-à-vis des gens qui m’accueillent of course). Mais, me direz-vous, quel rapport entre admirer les canards et goûter la cuisine irlandaise ?

Le rapport, c’est quand vous vous retrouvez avec un pain irlandais immangeable (son nom m’échappe, allez savoir pourquoi !) et dont vous ne savez que faire pour vous débarrasser… J’ai honte de dire cela, car ce pain m’a été donné par ma prof, Eileen, qui voulait me remercier pour les crêpes que j’avais faites à l’occasion du European Day of Languages (vous vous souvenez ?!).

Et soudain (après un bout de temps quand même, c’était au moins deux semaines après), l’idée a germé dans mon esprit (comme sur le pain, mais ça je ne le savais pas encore…) : pourquoi ne pas donner le pain aux canards ? En espérant qu’ils ne meurent pas intoxiqués bien sûr…

Lundi, mardi, mercredi… toute la semaine, nous avons été obligés de repousser notre RDV avec les canards. Toute la semaine, nous avons dû repousser notre rencontre avec le lac et réprimer notre joie infantile de voir des canards se battrent pour des miettes de pain !

Et puis, le vendredi, exténués par une semaine éprouvante (plus qu’une semaine avant les vacances !), on s’est dit qu’il fallait qu’on prenne l’air. Marcher, faire quelque chose, peu importe quoi, mais sortir de Portora et ne plus penser à rien. On a aussi pensé à faire du sport, mais seulement pensé pour le moment…!

Jutta m’attendait déjà en bas – une fois n’est pas coutume ! Je réglai les derniers petits détails sur un cours. Puis je descendis à la cuisine, ouvris le placard, m’approchai du pain enveloppé dans le papier alu, le pris dans mes mains, et là… chaud ! Le pain irlandais était chaud ! Je me suis d’abord dit : « OK, Jutta, en désespoir de cause (on n’avait plus de pain à ce moment là), à dû se jeter sur le pain irlandais et pour faire passer le goût un peu mieux, elle l’a réchauffé au micro-ondes… »

Ce que vous devez connaître aussi, c’est la taille du pain. Car quand je parle d’un pain, c’est vraiment un PAIN, bien gros et bien massif !

Pas plus alerté que ça par la chaleur qui se dégageait de l’emballage, je l’ouvris pour couper la moitié du pain (amplement suffisant pour les canards, croyez-moi !). Quelle ne fut pas ma surprise alors de constater que ce n’était pas le micro-ondes qui avait réchauffé le pain, mais le pain MOISI qui se réchauffait lui-même !

Rétrospectivement, je me dis maintenant qu’il faut vraiment être con pour croire qu’un pain peut durer aussi longtemps…

Vendredi 13 octobre 2006

Gémeaux (22 mai-21 juin)DSC02077

Natifs du premier décan, la prédominance de Mars vous protégera d’une douche froide dès le matin (à laquelle n’échapperont pas les natifs du deuxième décan), mais Jupiter, revanchard, vous fera péter les plombs avant la pause-café. Sauvez ce qui peut l’être.

L’après-midi ne vous portera pas chance non plus, et le ciel s’assombrira au-dessus de votre tête. Malheureusement pour vous, on n’échappe pas à la douche froide deux fois de suite… Essayez toutefois de limiter la casse…

La soirée apportera elle aussi son lot de misères, mais aussi de bons moments. Ce sera l’occasion de laver votre linge sale en famille, et – enfin ! – de voir à nouveau la vie en rose.

Une mauvaise journée vous attend donc, mais gardez le sourire, la roue finit toujours par tourner !

Contrairement aux apparences, cet horoscope est certainement LE PLUS CLAIR – et aussi LE PLUS EXACT – compte-rendu de ma journée !

Under construction

Mon premier est un chantier.

Mon deuxième est un chantier.

Mon troisième est un chantier.

Mon tout est un chantier.

Que suis-je ?

Réponse : mon mur, mes portes de placard, mon appui de fenêtre, bref toute ma chambre de Portora !

Eh oui, plus de deux mois après mon arrivée en Irlande du Nord et mon installation chambre numéro 23 à Portora (deuxième étage, à gauche, chambre du fond), cette dernière est toujours « under construction ». Mais on avance ! Ce n’est plus la chambre aux murs sombres et à la lumière blafarde de mon arrivée, ce n’est pas non plus une chambre grand luxe (je ne m’appelle pas le Génie de la lampe !), mais au moins, elle est plus accueillante. Le thème de la déco ? Je couvre les murs de posters et de photos. Je vais peut-être rajouter aussi du papier peint sur mon dernier mur, et encore des photos ! Ca ne sera pas la touche finale, car je ne suis pas satisfait de l’éclairage (il faut que je trouve un moyen pour amplifier son éclairage), mais c’est quand même mieux qu’en septembre…

J’ai trois posters actuellement : un sur la porte, pour couvrir l’espèce de vitre qui permet aux gens de t’espionner de l’extérieur – c’est un poster du film « Le Parrain », le visage de Marlon Brando / Don Corleone de profil en rouge et noir ; le deuxième est sur une porte de placard – c’est un vieux poster de pub « Guinness » dont le slogan est « Guinness for strength » (la Guinness décuple vos forces) ; le troisième, près de ma fenêtre et de l’horloge que j’ai achetée (ne t’en fais pas mon Amour, elle ne m’empêche toujours pas de dormir !), est une photo agrandie de Central Park (New York) prise durant l’hiver 1961.

Les photos, quant à elle, sont des photos que j’avais déjà quand j’étais à la maison et que j’ai simplement transférées en Irlande du Nord : des photos de famille, des amis, et de mon Ange aussi bien sûr. Ah si ! ya quand même les petites dernières : des photos de Jutta et moi, prises chaque mois dans un photomaton et sur un thème différent. Ya eu Halloween pour la fin octobre, y’aura aussi Noël, la Saint Patrick, Pâques, etc… On verra bien ! On fait dans la spontanéité !

Bref, tout ça pour dire que, comme souvent dans le bâtiment, je suis en retard dans les délais. Jutta m’a d’ailleurs malicieusement fait remarquer l’autre jour : « Si ça continue, ta chambre, au moment où elle sera parfaite, il sera déjà temps de replier les bagages ! » Je pense qu’elle exagère un peu, mais elle n’a sans doute pas tout à fait tort !

Boomerang

Vous connaissez le boomerang ? Le boomerang, c’est cet objet (arme ? jeu ?) en forme de paire d’ailes qui revient à son point de départ quand on le lance (enfin du moins quand on sait s’en servir ! Pas comme moi quoi !).

Eh bien le boomerang, ça me rappelle un peu ce qui est arrivé à Steven il y a quelques semaines… Quand je dis cela, je veux dire que pour moi, Steven, c’est un peu un boomerang.

Premier point commun : tous les deux sont australiens ! Ca, c’est la coïncidence. Troublante, certes, mais coïncidence seulement…

Ensuite, tous deux connaissent parfois des problèmes pour arriver à bon port, surtout quand ils sont mal lancés… Et c’est ce deuxième point qui m’intéresse le plus.

Steven, pour rappel, c’est le deuxième coach de rugby (l’assistant de Lachlin, le coach principal à la grosse voix).

Steven, il est arrivé cette année à Portora. Il ne se contente pas d’entraîner (ce qu’il fait à Portora et aussi dans le club de rugby d’Enniskillen), il est aussi jardinier, menuisier, etc, bref, un peu l’homme à tout faire de Portora. S’il pouvait faire quelque chose pour les douches froides d’ailleurs, ça serait vachement cool ! Mais, je ne développe pas plus ici l’histoire des douches, car cela fera l’objet d’un article très rapidement je pense !

Steven donc, a quelques problèmes quand on l’envoie en l’air, ou plutôt, pour être exact, quand IL s’envoie en l’air. Mais, mais, mais !! Qu’est-ce que vous allez encore imaginer ?!?! C’est simplement qu’il a eu des problèmes avec son permis de séjour au Royaume-Uni. Je vais essayer de faire court (ça changera !)…

Quand Steven est arrivé en Irlande du Nord, il a embarqué dans l’avion avec son passeport et aussi son permis de séjour. Sauf que son permis de séjour, c’était un permis touriste, et non pas un permis de travail… Résultat : il a eu quelques problèmes avec l’administration britannique il y a quelques semaines, qui lui ont envoyé un courrier pour lui rappeler que son permis de séjour arriver à expiration. Mais comme les choses sont très logiques au pays de la reine, il n’y avait pas moyen de régler le problème ici en Irlande du Nord… Non, il a fallu que Steven se rende à Londres, pour s’entendre dire que la seule manière pour lui de régler le problème, c’était qu’il quitte le territoire britannique par avion, ne serait-ce que pour une seconde (ok, je sais très bien que techniquement ce n’est pas possible…), et hop, il aurait de nouveau le droit de rentrer !

Le problème, c’est que quand on lance le Steven, on ne le revoie plus – un peu comme quand on ne sait pas lancer un boomerang ! Et du coup, ben une fois parti, il en a presque oublié de revenir ! Ce n’est qu’au bout de deux semaines qu’il est réapparu, mais parce qu’il s’est souvenu qu’il avait du boulot qui l’attendait à Portora !

Bon, j’exagère un peu… Mais c’est juste que j’avais trouvé particulièrement absurde l’idée qu’il lui faille prendre un avion pour quitter le Royaume-Uni, atterrir dans n’importe quel autre pays du monde, et revenir en Irlande du Nord à bord du même avion quelques heures plus tard… Remarque, étant donné la rapidité des administrations ici aussi (à suivre dans le courant de l’année, un article sur le monde de la banque… Je ne peux pas le publier maintenant, car mes relations avec la banque depuis le début de l’année, c’est une sorte de « running gag » ! Bref, sitôt fini avec un problème que ça recommence avec un autre !), il vaut peut-être mieux pour lui qu’il ait fait ça, car je crois qu’autrement le boomerang, il ne serait pas revenu du tout !

Moooooolllllllllyyyyyyyyyyyyy !!!!!!!!!

Que se serait-il passé…

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SI Magherafelt n’était pas venu ce week-end-là ?

SI Romy et Valou n’étaient pas arrivés en retard ce samedi-là ?

SI au lieu d’une promenade au bord des lacs, on était resté à Portora ?

SI l’on n’était pas sorti le samedi soir, et revenu vers 3h du matin ?

SI l’on ne l’avait pas fait rentrer dans Portora pour qu’elle se sèche ?

SI l’on ne s’était pas occupé d’elle pendant toute la matinée ?

SI l’on ne l’avait pas emmenée chez le véto pour qu’elle l’examine ?

SI Rafa n’avait pas eu besoin d’aller en ville pour retirer de l’argent ?

Et SI, et SI, et SI… Et SI tu étais encore là ? Eh oui, SI seulement c’était vrai ! Mais non, décidément, les SI n’aiment pas les vRAIs.

The Boglanders

Je ne sais pas si Jules Verne aurait apprécié le voyage, mais toujours est-il que moi, je suis allé au centre de nulle de part.

Je reconnais qu’en soi, le concept de « milieu de nulle part » est absurde. En effet, comment peut-on savoir qu’on est au milieu de nulle part, puisque que par définition « nulle part » n’existe pas ?!

Cependant, je persiste et je signe : je suis bien allé au milieu de nulle part. J’en fais même une fierté : oui, je suis bien allé au milieu de nulle part, et peu m’importe ce que les gens en pensent, le milieu de nulle part, c’était géant !

Et à quoi cela ressemble-t-il le milieu de nulle part, me direz-vous ? Bonne question !

La particularité du milieu de nulle part, c’est qu’il n’en a pas. Ou plutôt, sa particularité, c’est d’être banal, sans intérêt. C’est d’ailleurs pour cela qu’on l’appelle le milieu de nulle part. Et c’est d’ailleurs tellement banal que finalement, c’est quelque chose de banal qui ne ressemble à rien de banal ! Nous voilà bien avancés…

Tentons une approche différente… Par les noms par exemple… Le milieu de nulle part a-t-il un nom ? Réfléchissons… Tu peux m’aider Moi-Même ?

_ Oui bien sûr ! Euh… Fivemiletown ?

_ Non.

_ Brookeborough ?

_ Non.

_ Lineskea ?

_ Non.

_ Clogher, Augher, Kesh, Ballymena, Ballycastle, Tempo…

_ Non, non, non et non !

_ Downpatrick, Irvinestown, Lisbellaw, Armagh, Omagh, Maghera, Coleraine, Bangor ?

_ NOOOOOONNNN!!!!! Je veux dire, tout ça c’est un peu nulle part, mais je te parle du VRAI milieu de nulle part. Rhaaa, c’est terrible de ne pas se souvenir… C’est un nom qui commence par Dun-machin truc…

_ Dungannon ?

_ Oui c’est ça !

_ Mais ce n’est pas le milieu de nulle part, c’est le milieu de l’Irlande du Nord !

_ …

_ Oui ?

_ Euh… c’est-à-dire que… tu vois quoi…

_ Non, vas-y, je t’en prie. Ex-prime ton opinion !

_ Ben… tu vois une différence ?

_ Moi, qu’est-ce que je t’ai déjà dit à ce propos ?

_ Mais c’est pas mal intentionné, c’est juste un constat. Autour de Dungannon, il n’y a rien. Enfin si, il y a les Sperrin Mountains, mais il n’y a pas homme qui y vive.

_ Pas âme qui vive.

_ Non, pas homme qui y vive. Des âmes, il y en a à foison : des moutons, des vaches, des pierres…

_ Des pierres ?

_ Ben, je vais finir par croire qu’elles sont vivantes, ou du moins sacrées ! Lorsqu’on a voulu s’approcher d’une pierre dressée en plein milieu d’un champ avec Jessica, les vaches se sont toutes rassemblées autour d’elle et elles n’en ont pas bougé tout le temps qu’on était là ! Ca fait un peu comme une garde rapprochée…

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_ On nage en pleine science-fiction : au-delà du réel, l’aventure continue ! Et tu vas me dire que les vaches sont des extraterrestres et que les pierres sont leurs maîtres bientôt ?

_ Ben je ne sais pas si elles sont leurs maîtres, en tout cas elles sont parfois disposées drôlement ces pierres…

_ Comment ça ?

_ En cercles.

_ Et en quoi c’est bizarre, je te prie ?

_ C’est juste qu’il y en avait plein. Comme si une invasion se préparait…

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_ C’est pas bientôt fini tes histoires à dormir debout ?!

_ Ben tu sais quoi, on a failli s’endormir dans les Sperrins…

_ Debout ?! Hypnotisés pas les pierres maléfiques et les gardes-vaches ?!

_ Ha ha ha, très drôle… Non, sérieusement, pas loin de ces pierres disposées en cercles, il y avait des champs avec des sillons profonds et larges ; ces sillons étaient recouverts de mousse et d’herbe bien touffue. Je te jure que c’était un véritable bonheur que d’être tous assis là, en plein milieu de nulle part, à écouter le silence…

_ Oui, Enjoy the silence…

_ Exactement…

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Soundtrack : Depeche Mode- The Very Best Of

Posté par vinceinlille à 15:15 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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