Hullabaloooo in Northern Ireland

Parce que j'ai envie de garder une trace de cette aventure, pour les autres et pour moi, Parce que la mettre sur le papier ne rimerait à rien, MOI et moi-même vous racontons "Hullabaloooo en Irlande du Nord".

13 mai 2007

Episode n°22: With or without you...

Quelque part sur la planète…

« En m’adressant à vous aujourd’hui, dans ce moment exceptionnel, je ressens une immense émotion, et je ne peux m’empêcher d’exulter : ENFIN ! Enfin, ça y est ! Le bon sens a (alternative : « j’ai ») enfin triomphé ! La majorité (c’est-à-dire moi d’abord !) a enfin eu gain de cause ! L’heure de la revanche a enfin sonné pour des millions de personnes qui n’attendaient que cela, ce Grand Changement promis depuis des années et que tous attendaient fébrilement, en se rasant le matin et pas seulement.

Aujourd’hui, ma pensée (une par jour, c’est mon maximum…) va à toutes celles et ceux qui ont subi pendant tant d’années le mépris d’une partie de la population. Ma pensée (je parle de ma fleur là, c’est mon côté écolo, et puis je vous l’ai dit, je n’ai qu’une pensée par jour) va à toutes celles et ceux qui se sont époumonés pendant des lustres sans jamais être entendus. Le combat n’a pas été vain. Enfin, l’horizon s’éclaircit !

Mon azalée (ben oui, je n’ai qu’une pensée, mais je n’ai aussi qu’une pensée ; par contre, j’ai aussi un tournesol, une rose, un cactus et un bonzaï nain) va aussi à celles et ceux dont les espoirs sont partis en fumée. Je veux leur dire que, par-delà les divergences d’opinion, il n’est pas question de faire de discrimination, qu’elle soit positive ou pas : cette victoire, c’est une victoire qui va enfin nous permettre de revivre ENSEMBLE. Car c’est là ma priorité pour demain : tout mettre en œuvre pour que toutes les parties de la population aient toujours envie de se parler ENSEMBLE, de se comprendre ENSEMBLE, de travailler ENSEMBLE.

(Yes, ça y est, j’ai gagné mon pari de le caser au moins deux fois en deux phrases celui-là ! Je suis trop bon ! C’est mon côté golden boy ambitieux genre « j’essaye toujours de faire mieux que Tom Cruise dans Mission Impossible » ; note pour plus tard : appeler François F. et Monsieur B. pour leur rappeler que j’ai gagné mon pari et qu’ils me doivent des vacances en Méditerranée, sur un yacht de luxe) 

Un choix a été fait, démocratique. La rupture avec le passé est en marche. Et c’est avec confiance (peut-être aussi avec des lunettes de soleil, car si je pars en Méditerranée pendant quelques jours, je vais certainement avoir besoin de lunettes, noires si possible, c’est mon côté showman timide) qu’il faut regarder l’avenir et prendre ce virage nouveau, si possible avec des talonnettes anti-dérapantes, parce qu’on ne sait jamais y’aura peut-être du verglas.

Ce changement, il se fera avec l’aide de tous (… ceux qui sont d’accord avec moi). Il se fera dans un esprit d’union et de fraternité. Il se fera sans que personne n’ait l’impression d’être exclu, d’être laissé pour compte, mais en ayant au contraire le sentiment de participer au bien commun. Il se fera avec la volonté que chacun se sente reconnu et respecté dans sa dignité d’homme.      

Je veux lancer un appel à nos partenaires européens, auxquels notre destin est lié, pour leur dire que je crois qu’aujourd’hui nous sommes de retour en Europe (note pour plus tard : ne pas oublier de regarder l’Eurovision pour savoir qui sont nos meilleurs alliés…) (note rajoutée : Albanie, Andorre, Arménie, Lituanie, Estonie) (note rajoutée bis : qui a dit qu’on n’était pas puissant en Europe ?).

Je veux lancer un appel à nos amis Américains. Je veux leur dire qu’on sera toujours à leurs côtés quand ils auront besoin de nous. Mais je veux leur dire aussi que l’amitié c’est accepter que ses amis (NB : les amis de mes amis sont mes amis, les ennemis de mes amis sont mes ennemis, les ennemis de mes ennemis sont mes amis, les amis de mes ennemis sont mes ennemis) puissent avoir une pensée différente (ma pensée est différente de la pensée du Massachusetts, qui est elle-même différente de la pensée du Texas). Je veux (mais je ne sais pas si je vais y arriver) leur dire qu’il faut planter des pensées partout en Amérique pour lutter contre le réchauffement climatique, parce que ce qui est en jeu c’est le sort de l’humanité toute entière.  

Je veux lancer un appel à tous les peuples de la Méditerranée pour leur dire… (préparez-vous, j’arrive pour les vacances !) (retravailler).

   

Je veux lancer à tous les Africains un appel fraternel pour leur dire que nous voulons les aider à vaincre la maladie, la famine et la pauvreté et à vivre en paix (note : envoyer une pensée à Madame de F. pour la remercier de cette phrase géniale).

Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde entier croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme pour leur dire que désormais TOUT EST POSSIBLE (bonne idée ça, ça ne m’engage à rien, mais par contre ça me permet de faire ce que je veux !).

(…) »

Et pendant ce temps-là en Irlande du Nord…

Youhou ! Depuis le 30 avril 2007, l’Irlande du Nord a interdit à son tour le tabac dans TOUS les lieux publics, Y COMPRIS les pubs et les restaurants, qui ne bénéficient d’AUCUN délai supplémentaire.

                       no_smoking_1    no_smoking_2

Je n’ai qu’une chose à dire : on respire bien mieux sans NICOtine !

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24 avril 2007

Episode hors-série n°03: "500 miles" by Peter Kay, Matt Lucas and The Proclaimers

Un véritable carton que cette chanson au Royaume-Uni! Elle est ici interprétée par Peter Kay (à gauche), Andy (à droite) puis The Proclaimers  (les créateurs de la chanson). Andy (Matt Lucas) est un personnage de Little Britain, une des séries britanniques les plus populaires et aussi une des plus frappées de ces dernières années !


Comic Relief: 500 Miles
Video sent by nemises14

When I wake up well I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who wakes up next to you
When I go out yeah I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who goes along with you

If I get drunk well I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who gets drunk next to you
And if I haver yeah I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who's havering to you

But I would walk 500 miles
And I would walk 500 more
Just to be the man who walked 1,000 miles
To fall down at your door

When I'm working yes I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who's working hard for you
And when the money comes in for the work I'll do
I'll pass almost every penny on to you

When I come home oh I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who comes back home to you
And if I grow old well I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who's growing old with you

But I would walk 500 miles
And I would walk 500 more
Just to be the man who walked 1,000 miles
To fall down at your door

na na na, na na na
na na na, na na na
lika lika lika lika lika la
na na na, na na na
na na na, na na na
lika lika lika lika lika la

When I'm lonely well I know I'm gonna be
I'm gonna be the man whose lonely without you
And when I'm dreaming well I know I'm gonna dream
I'm gonna dream about the time when I'm with you

When I go out well I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who goes along with you
and when I come home yes I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who comes back home with you
I'm gonna be the man whose coming home with you.

But I would walk 500 miles
And I would walk 500 more
Just to be the man who walked 1,000 miles
To fall down at your door

na na na, na na na
na na na, na na na
lika lika lika lika lika la
na na na, na na na
na na na, na na na
lika lika lika lika lika la
na na na, na na na
na na na, na na na
lika lika lika lika lika la
na na na, na na na
na na na, na na na
lika lika lika lika lika la

But I would walk 500 miles
And I would walk 500 more
Just to be the man who walked 1,000 miles
To fall down at your do-o-or

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22 avril 2007

Episode n°20 : Bis repetita

Je vous avais bien dit qu’on y retournerait. Et le pire, c’est que je ne peux même pas accuser les Leprechauns…

Le 16 mars 2007. 14h30, Collegiate. Fin des cours. Jutta m’attend. Retour à Portora. Peter nous attend. Pourquoi ? Départ imminent pour Galway. Retour vers le passé...

Le Gemini et le cricket

Sur la route, la radio est en marche. Pas grand-chose d’excitant. En tout cas, pas pour Jutta et moi. Peter, lui, est concentré sur ses sujets. Les yeux sur la route – c’est lui qui conduit – et les oreilles vers l’autoradio. Le cricket. Les championnats du monde. S’il pouvait, il y mettrait le corps tout entier, mais bon même lui est trop grand pour rentrer dans la radio (oui, je sais, le match de cricket ne se joue pas dans la radio, mais ne faites pas semblant de ne pas avoir compris l’humour détonant de cette blague). Un match de poule entre… Tiens, c’est vrai ça, entre qui d’ailleurs ? Bah, certainement trop concentré sur mon petit somme…

N’empêche, le cricket c’est un drôle de sport. J’ai essayé de comprendre. D’ailleurs, avec un prof comme Peter, je pensais bien y arriver. Mais rien à faire. Les voix du cricket me sont pour le moment toujours impénétrables. Tout au plus me souviens-je de « wicket », ou plus exactement de « wicket, wicket et wicket ». Un même terme pour désigner trois éléments différents. Pour les spécialistes, ça a certainement un sens. Pour moi…

Mais je n’ai aucune excuse. Un championnat du monde franchement, c’était une aubaine… Un mois et demi d’intense compétition entre le Sri Lanka, le Bangladesh, la Barbade et le Pakistan, je ne pouvais pas ne pas m’y intéresser, comme je ne pouvais pas non plus louper les championnats du monde de fléchette à plumes orange et les championnats du monde de billard zimbabwéen. Et pourtant… En dépit du retentissement phénoménal de l’évènement sur l’île d’Emeraude, je suis resté insensible aux subtiles nuances tactiques, techniques, technico-tactiques et tactico-techniques de ce sport universel… lement britannique.

Car, à ma décharge, force est de constater qu’en dehors des pays de l’ancien Empire britannique le cricket n’existe pas. Osons d’ailleurs le parallèle : le cricket est aux Britanniques ce que la pétanque est aux Français. Oui, oui, je sais, c’est une parenté qui n’est pas forcément évidente à première vue… Mais c’est à l’image des deux pays dont ils sont issus : ils sont tellement différents qu’ils finissent par se ressembler (je sais, ça ne veut pas dire grand chose, mais peu importe, c’est une phrase qui me plaît !). Enfin toujours est-il que ce qui pour moi synthétise le mieux toute l’étendue des différences entre le cricket et la pétanque, c’est la balle et la manière de jouer cette dernière.  

Après des recherches approfondies (ce qu’il ne faut pas inventer pour faire croire qu’on bosse…), j’ai en effet découvert que la balle de cricket est une balle, tandis que la balle de pétanque est une boule. Autrement dit, quand on lance la balle de cricket, elle fait … euh… son bruit (note aux lecteurs : si quelqu’un est spécialiste en son de balle de cricket, qu’il me fasse signe, je me ferai une joie de partager avec lui mes connaissances en matière de son d’alarme incendie du dimanche à sept heures du matin) et rebondit, tandis que la boule de pétanque fait « bong » (ou un truc du genre), s’écrase sur le sol et roule, roule, roule… Intéressant non ?

Ensuite, la balle de cricket est rouge (c’est ce que j’ai lu…) ; la boule de pétanque, elle, est grise – argentée. Et là je m’interroge… Pourquoi rouge absolument ? Pourquoi pas bleue ? Ou blanche ? Ou verte à rayures noires ? Mouais… Pourquoi pas rouge en effet… Mais dans ce cas, quid des daltoniens ? Je laisse cette question passionnante à votre sagacité et moi je continue !

Ou plutôt je termine. Et là il me faut me pencher sur les règlements internationaux du cricket… Alors… Ah voilà !

RÈGLEMENT

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Les règles du cricket sont plutôt complexes. L'équipe qui bat la première, privilège tiré à pile ou face, envoie deux batteurs sur le terrain, chacun à un guichet. L'équipe adverse envoie un lanceur à un guichet et un garde-guichet en position derrière l'autre guichet. Les neuf joueurs restants sont disposés sur le terrain à des endroits qui leur permettront d'attraper ou d'arrêter la balle une fois qu'elle aura été frappée. Un arbitre se trouve à chaque guichet. Les lanceurs envoient la balle, par en-dessous ou par au-dessus, sans plier le bras. Les batteurs peuvent frapper la balle dans n'importe quelle direction et, après l'avoir frappée, peuvent décider de courir vers la limite adverse. Si le batteur court, son partenaire court prendre sa place sur la limite. Si les deux coureurs atteignent la limite opposée avant que l'un d'eux soit éliminé, une course est marquée.

Le bat…* (* Merci à l’encyclopédie Encarta Études 2007).

_ Stop ! Stop ! Pitié !

_ Oui, Moi-même ?

_ Arrête, j’en peux plus ! C’est quoi cette torture ?! C’est pire que de t’entendre chanter sous ta douche !

_ Et encore, je suis gentil. Si je te lisais les règlements complets, ça durerait autant qu’un match de cricket test.

_ C’est-à-dire ?

_ Oh bah c’est l’affaire de cinq jours.

_ QUOI ?!?!

_ Mais je te rassure, ils prennent des pauses quand même.

_ C’est censé me rassurer ?

_ Ça devrait, oui.

_ … Dis, tu voudrais pas abréger mes souffrances ?

_ C’est-à-dire ?

_ Finis avec ton histoire de balles qu’on passe à la suite !!

_ Pourquoi ?

_ T’as peut-être omis un petit détail les concernant, non ?

_ Ah oui ?

_ Relis-toi et tu verras…

_ Et quelle est la dernière chose que j’ai dite les concernant ?

_ Rouge la balle de cricket, grise la boule de pétanque.

_ Ah oui voilà ! Et elle est en cuir aussi. Avec un cœur de liège.

_ Qué ?!

_ La balle de cricket.

_ Non ?!

_ Attention…

_ Ok, ok !! J’arrête !

_ Merci.

_ Tout ce que tu veux !

_ Fini j’ai dit !

_ O…

_ SHUT ! »

Pour finir donc, la balle de cricket est en cuir avec un cœur en liège (elle pèse environ 160 grammes), alors que la boule de pétanque est en métal… avec un cœur de métal. Son poids oscille entre 650 et 800 grammes – voilà aussi sans doute la raison pour laquelle la balle de pétanque est une boule. Surtout, cela me fait dire aux personnes qui sont adeptes de cricket ET de pétanque – ça peut arriver, on ne sait jamais : vérifiez bien avant de partir vous entraîner que vous disposez du bon matériel… Il serait en effet dommageable, pour les vertes pelouses du cricket, pour vous-même, mais surtout pour les pieds de vos amis, que le « bong » de la boule de pétanque se fasse entendre ailleurs que sur les sols poussiéreux, rocailleux, sablonneux, irréguliers des terrains de pétanque…

Mais où sont les Irlandais ?

Etre assistant. Je crois que je n’ai pas encore donné une seule définition exacte de mon rôle ici. Etre assistant donc. Mon but, c’est d’aider des élèves de 15 à 18 ans à améliorer la qualité de leur français à l’oral, à ce qu’ils se sentent plus à l’aise, plus en confiance. Je travaille surtout sur la grammaire, sur le vocabulaire et sur l’accent et la prononciation. Depuis récemment, je leur sers aussi de répétiteur en prévision de leur oral de fin d’année. Eh oui ! Je ne m’attarderai pas ici sur le système scolaire britannique, mais à partir du mois de mars environ, l’assistant, de quelque nationalité qu’il soit, complète sa mutation de perroquet en chef. Ça c’est pour la vie typique d’un assistant lambda dans une école standard.

En dehors de ses – plus rarement « son » - établissements, l’assistant, bien que les élèves s’en étonnent régulièrement, a une vie. Si, si. Un peu comme des personnes normales, il mange, il dort, il sort, il découvre, il parle et, parce qu’il veut s’intégrer au mieux, il tente de s’adapter au pays dans lequel il vit. Bref, l’assistant lambda, quand il est en Irlande (même du nord) pour un an, il essaye – un peu mais pas trop, faudrait pas exagérer non plus – de devenir Irlandais. Du coup, il adopte l’une des religions locales et se retrouve, par un moyen ou par un autre, à fêter la Saint Patrick. Mais comme il n’est pas encore tout à fait irlandais, il ne sait pas qu’il faut s’y prendre au moins un an à l’avance pour trouver un lit à Dublin à cette période de l’année et par conséquent il finit à Galway. Ce qui finalement est encore mieux, car beaucoup plus traditionnellement irlandais, comme le lui affirment les Irlandais eux-mêmes.

Bien entendu, l’assistant lambda, quand il sort ou quand il voyage, ne le fait jamais seul. Le plus souvent, voire même exclusivement, il est entouré d’autres assistants lambda. De même, l’assistant lambda sort / voyage généralement le week-end (hormis quand il est en vacances évidemment) et, à moins que l’assistant lambda ait un grain, en Irlande… De quoi, en résumé, rencontrer beaucoup, énormément, que dis-je, un nombre incalculable d’Irlandais ! A fortiori, je le rappelle, lors du week-end de la saint Patrick. C’est pourquoi je m’interroge… Des réceptionnistes français et australien à l’auberge de jeunesse, un serveur chinois au fish and chips et une famille américaine qui nous entourait à la parade : MAIS OU SONT LES IRLANDAIS ?!?!   

Ah ! Je viens à l’instant de recevoir une photo d’une touriste italienne en visite à Galway le jour de la saint Patrick. Elle me dit qu’elle a réussi à dénicher, à l’abri sous une devanture de magasin, deux Irlandais pure souche qui assistaient à la parade. Voici la photo en question :

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Intense moment d’émotion que celui d’admirer de si près les rescapés d’un peuple en voie de disparition…

Et ils sont où, et ils sont où les Irlandais ?

Bon, bon, bon, j’exagère évidemment. Mais il y a vraiment de quoi s’inquiéter pourtant !! Car des Irlandais, on n’en a pas croisé des masses le jour de la saint Patrick. Où se cachaient-ils ??? Et comment faire pour reconnaître un véritable Irlandais au milieu des faux le jour de la saint Patrick ??? Passage en revue de quelques idées reçues sur le comportement des Irlandais à la saint Patrick. Et là, ne soyons pas sérieux deux minutes...

Idée reçue numéro une : A la saint Patrick, l’Irlandais s’habille en vert.

VRAI et FAUX. A la saint Patrick, comme le reste de l’année, l’Irlandais s’habille en fonction du temps qu’il fait. C’est-à-dire que, lorsqu’il pleut, l’Irlandais ne cherche pas à faire son intéressant en portant un chapeau ridicule dont la couleur déteint sur le visage ou des chaussures qui prennent l’eau en deux secondes. L’Irlandais, en Irlande, quand la pluie diluvienne et le froid polaire menacent de transpercer les vêtements, il porte un K-way ou prend un parapluie – qui peuvent être verts il est vrai ! Eh, pas fou l’Irlandais !   

Idée reçue numéro deux : A la saint Patrick, l’Irlandais va au pub.

VRAI. Euh, en fait, il le fait toute l’année (vous vous souvenez, les religions nationales ?), mais la saint Patrick c’est quand même une super excuse !

Du coup, les pubs sont envahis, inondés, submergés, par les flots d’Irlandais, d’émigrés irlandais de retour au pays pour fêter la saint Patrick, de descendants d’émigrés irlandais de retour au pays de leurs ancêtres pour fêter la saint Patrick, d’étrangers qui rêvent de devenir irlandais et qui, pour ce faire, adoptent les fêtes locales ou d’étrangers simplement curieux qui viennent en touristes prendre du bon temps.

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Idée reçue numéro trois : A la saint Patrick, l’Irlandais est heureux.

FAUX. Enfin… pas toujours, mais quand la saint Patrick se confond avec un match qui peut offrir à l’Irlande son premier tournoi des Six Nations depuis 22 ans et, qu’à cause de secondes en trop par-ci, d’essais à la dernière minute par-là et de moments d’inattention par-ci par-là, la victoire finale vous passe sous le nez, l’Irlandais – tout au moins l’Irlandais fan de rugby – fait la gueule. 

Par contre, le Français supporter de rugby qui fait la saint Patrick en Irlande en portant du vert, un chapeau de Leprechaun et un trèfle sur la joue – le touriste en fait toujours trop, c’est terrible – lui il est très content ! Pour un peu, il se croirait même un 14 juillet !

Connemara (bis)

Pour terminer cet article, j’ai décidé de faire dans le ludique.

Comme vous le savez, je suis déjà allé dans le Connemara en octobre. Et comme nous avons emprunté la même route les deux fois (en même temps il n’y a pas le choix…), je vous propose de jouer au jeu des différences !

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Octobre 2006                  Mars 2007

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10 avril 2007

Episode n°19: Road to Ravenhill (3/4)

« En raison d’un épidémie de grippe touchant l’ensemble de notre rédaction, nous ne sommes pas en mesure de vous présenter la demi-finale de la Ulster Schools’ Cup of Rugby entre Portora Royal School et Wallace High. Veuillez nous en excuser. »

Moi : Dommage, car malgré le résultat (victoire 37-3 de Wallace), je suis sûr que, rien que pour l’ambiance, ça devait valoir le coup. Il faut dire que le proviseur de Portora avait mis les petits plats dans les grands : il a fermé l’école l’après-midi du match et a loué une dizaine de bus pour permettre à tous les élèves d’aller encourager l’équipe à Belfast. Soit environ 500 élèves et une trentaine de professeurs, sans compter les parents et amis qui avaient aussi fait le déplacement.

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Alors oui, c’est vraiment dommage que nous étions cloués au lit…

PS : Pour l’information, c’est l’équipe de RBAI (Belfast Inst) qui a remporté la finale. De quoi donner encore plus de regrets à PRS, car c’est la seule équipe à les avoir battus cette saison (en match amical de préparation à la Schools’ Cup)…

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07 avril 2007

Episode n°18: We’re doomed !

Les habitants de l’Irlande du Nord se divisent en deux catégories : ceux qui ont une voiture et ceux qui n’en ont pas. Ceux qui en possèdent une vont vite, très vite, trop vite. Quant à ceux qui n’en ont pas, ils vont lentement, trop lentement, voire même ils vont en BUS…

***

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« Nous sommes maudits »...

Quand j’ai acheté ce badge au mois de septembre dernier, c’était histoire de faire un clin d’œil au mauvais sort qui s’acharnait sur moi à cette époque dès que je me trouvais à moins d’un mètre d’un BUS. Depuis lors, les BUS semblaient m’avoir oublié, mais les évènements récents sont là pour me rappeler que la poisse ne m’a toujours pas abandonné et, pire encore, qu’elle est contagieuse. D’abord, Katherine qui rate son BUS pour Dublin, ce qui oblige Jutta à faire chauffer la Choupette jusqu’à Monaghan. Ensuite, deux sorties qu’on voulait faire en BUS, mais voyez plutôt…

~ Enniskillen – Ballycastle 

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Pour être exact, le trajet ne s’arrêtait même pas là, puisqu’il nous fallait encore prendre le ferry pour aller sur Rathlin Island, notre destination finale, là où nous attendait un bon petit week-end de rando dans une nature bien sauvage et bien hostile. Néanmoins…

Distance : 191 kilomètres, parcourus en 2h31 en voiture.

Et en BUS ?

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Durée de ces 191 kilomètres en BUS : entre 4h55 et 5h55 ! Là, deux interrogations. Premièrement : pourquoi le BUS met-il deux fois plus de temps que la voiture ? Deuxièmement : comment est-il possible qu’un BUS mette une heure de plus que l’autre pour parcourir la même distance ? J’avoue que je cherche toujours une explication rationnelle…

Mais rassurez-vous, le pire est encore à venir…

~ Enniskillen – Ulster American Folk Park

Week-end du premier avril, et pourtant, ce qui va suivre n’est pas une blague ! Décidés à sortir de notre hibernation passée à Enniskillen (pas par notre faute, mais bien parce que tout est fermé dans le Fermanagh entre fin septembre et début avril), nous avions décidés, Dorothée et moi, de tenter l’excursion jusqu’à l’Ulster American Folk Park. Consciencieux, on se renseigne auprès de l’office de tourisme pour les horaires de BUS afin de s’y rendre le dimanche…

Ce qu’il vous faut savoir maintenant, c’est que ce parc se trouve entre Omagh et Londonderry, c’est-à-dire au nord d’Enniskillen, à environ une heure de voiture. Mais encore une fois, faisons appel à Bibendum…

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Distance : 51 kilomètres, parcourus en 48 minutes en voiture.

Et en BUS ?

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51 kilomètres parcourus en 5h05, soit la vitesse faramineuse de 10km/h… Vous avez dit lent ?!

Mais le plus cocasse dans l’histoire, c’est quand même de voir à quelle heure le dernier bus repart de l’Ulster American Folk Park :

ulster_american_folk_park_enniskillen

Premier bus qui arrive à l’Ulster American Folk Park le dimanche : 17h30.

Dernier bus qui en repart : 17h30…

En clair, si tu veux visiter l’Ulster American Folk Park le dimanche en venant en bus d’Enniskillen, eh bien tu ne peux pas !

Néanmoins, toute cette histoire de transports en commun ne serait rien si je n’avais pas maintenant la preuve irréfutable que des chemins de fer ont existé à Enniskillen et à travers toute l’Irlande du Nord. Jugez par vous-mêmes :

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Imaginez-vous, si j’avais été assistant en 1859, j’aurais pu faire Enniskillen – Belfast en train ! Mieux, j’aurais même pu pousser jusqu’à Ballymena ! Moi je dis, c’était quand même beau le progrès… au XIXème siècle !

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25 mars 2007

Episode n°17: Road to Ravenhill (2/4)

En route pour Ravenhill ! Au terme d’une rencontre globalement bien maîtrisée (victoire 17-10), PRS s’est qualifié pour les demi-finales de la Ulster Schools’ Cup of Rugby, et ce pour la deuxième fois en deux ans. Une performance historique pour l’école, racontée par nos envoyés spéciaux au bord du terrain, Jutta Wöhl et Moi-même.

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« Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonjour ! Bonjour Moi-même !

_ Bonjour Jutta ! Comment allez-vous ?

_ Not too bad et vous-même ?

_ Non, moi c’est Moi-même.

_ Oui, je sais, mais comment allez-vous Moi-même ?

_ Ce n’est pas français ce que vous dites là ! On dit : « comment allez-vous vous-même ? »

_ Mais euh, je sais bien ! Mais vous vous appelez bien Moi-même non ?

_ Euh, non, en fait je m’appelle rarement Moi-même… J’ai vraiment du mal à saisir où vous voulez en venir…

_ …

_ Enfin en tout cas vous pourriez me demander comment je vais au lieu de ne penser qu’à vous ! Egoïste !

_ Mais je… !

_ Non non, trop tard pour les regrets ! Il fallait y penser avant ! Les auditeurs sauront s’en souvenir en temps voulus… Enfin… Mais sans plus attendre, passons à la présentation de ce match !

_ Tout à fait Moi-même ! Bienvenue donc en direct de Londonderry pour ce match amical qui va opposer l’équipe du VfB Stuttgart à celle du Borussia Dortmund.

_ Hein ?! Mais enfin Jutta !!

_ Oups, pardon, autant pour moi, je m’étais trompée de fiche ! Suis-je distraite ! Allez je recommence ! Bienvenue donc aujourd’hui pour assister au match entre Foyle et Portora Royal School, quart de finale de la Ulster Schools’ Cup of Rugby. Quelles sont les conditions de jeu ?

_ Soleil et vent léger, terrain gras mais pas trop, une assistance fournie, en particulier du côté de l’équipe visiteuse : tout est réuni pour un beau match de rugby !

_ Oui, espérons que les joueurs soient à la hauteur !

_ A la hauteur de quoi ?

_ Ben, de l’évènement !

_ Quel évènement ?

_ La Schools’ Cup. Les quarts de finale. Le public venu en nombre. Vous êtes idiot ou quoi ?

_ Non, moi c’est Moi-même, je vous l’ai déjà dit ! Et si vous finissiez vos phrases, peut-être que ça irait mieux ! Simple, clair et précis, c’est comme ça qu’on doit faire. Enfin…

_ …

_ Tiens, à cause de vos bêtises, on n’a même plus le temps de faire les compositions d’équipe, car le match a déjà commencé ! Quoi, 3-0 pour Foyle ?!? On a même loupé les premiers points !

_ C’est une pénalité inscrite par euh… le… euh… un joueur de Foyle !

_ (marmonne) Ouais bah y’a pas que Portora qui a un handicap d’entrée de jeu là…

_ Pardon ?

_ Je disais simplement que Portora est mal parti encore une fois…

_ Oui, mais c’est moins grave que la dernière fois non ?

_ Oui, en effet, avec un score de 3-0, la sanction est moins sévère que lors du match contre Limavady Grammar. Attention toutefois à ne pas se laisser complètement submergés, car pour l’instant, la domination est adverse. (pense) Allez, voyons voir comment elle va enchaîner cette fois.

_ Tout à fait, on a l’impression que… que… que Portora est battu dans… (à elle-même) Vite, il faut que je trouve quelque chose à dire !!! LE JEEEUUUU !!!!!! Ouf, j’ai trouvé quelque chose à dire ! Enfin maintenant, faudra voir à crier moins fort… Allez ma petite Jutta, on ne perd pas le fil, tu feras mieux la prochaine fois !

_ … (soupire à lui-même) Eh beh, ça promet… C’est ça ! Le suspense n’en est que plus renforcé ! Comment Portora va-t-il s’en sortir une fois de plus ? Les clefs du match sont là : si Portora se réveille, je pense que l’équipe est nettement supérieure à Londonderry. Si par contre l’équipe ne se désinhibe pas, alors le match risque d’être très angoissant… »   

***

Les minutes passent… Après une demi-heure de jeu en première période…

« Et c’est une touche en faveur de Portora à cinq mètres de la ligne d’essai ! Très bon passage de l’équipe ! On la sent beaucoup plus en jambes et beaucoup plus entreprenante !

_ COOOMMMEEE OONN POOOORTOOOORAAAA ! P – P – P – R – S !!!!

_ C’est clair, allez les petits !!! Ah, mesdames et monsieur, l’ambiance est é-lec-tri-que ! Tous les supporters jaune et noir s’amassent au niveau de la touche pour pousser leurs joueurs dans l’enbut ! Mais ?! Mais, Jutta, vous allez où ?!

_ Moi aussi j’y vais ! P – P – P – R – S !!! Go on boys !!! Tor, Tor, noch ein Tor !!!

_ Bon, ben… Finalement c’est peut-être pas plus mal ! Allez, on s’applique les gamins, l’essai est à portée de mains ! La touche est jouée… récupérée par Portora… C’est bien les gamins ! Allez, on pousse maintenant ! Poussez ! Poussez ! POUSSEZ !!! OOOOOOOUUUUUAAAAAAAAIIIIIIIIS !!! ESSAI POUR PORTORA !! Après une touche bien négociée, le pack jaune et noir progresse et s’en va aplatir derrière la ligne ! 5-3 pour Portora ! Ouf, on respire ! Et maintenant la transformation… Galbraith se concentre… Et c’est réussi !

_ SIEBEN PUNKTE ! SIEBEN PUNKTE ! RICHTIG NE ?!

_ (avec la voix d’un petit garçon) Ja, ja ! Aber vielleicht könnten wir auf Englisch sprechen ? Glauben Sie nicht ?

Note de Moi : Et là, avant la prochaine réponse de Jutta, il me faut vous expliquer quelque chose. Toute la conversation qui précède – et celle qui suivra – a bien sûr été inventée, mais si elle avait eu lieu, elle se serait déroulée en anglais. Or, alors que je viens de répondre en allemand à Jutta, celle-ci, stupéfaite et totalement déstabilisée par mon allemand impeccable (et surtout mon accent merdique), en perd son latin, et me répond… en français ! Ce qui va suivre n’est donc pas une traduction de l’anglais, mais bien Jutta quand elle parle notre magnifique langue…

_ (avec l’accent d’un ivrogne) Ah oui ! Je vous demande pardon. »  

Voilà, n’était-ce pas merveilleux ? Reprenons maintenant le cours normal de notre retransmission…

***

Quelques minutes plus tard, c’est la fin de la première mi-temps, finalement conclue sur le score de 10-3 en faveur de Portora, après une pénalité de Paul Galbraith.

***

La reprise…

(sans savoir qu’il est déjà à l’antenne) « Mais elle est où encore celle-là ? Aux toilettes ?! Dites-lui de se magner, le match va bientôt reprendre ! J’vous jure les bonnes femmes, par moments… (Mets la main à son oreillette, prends l’air surpris puis fixe la caméra avec un grand sourire) Mesdames et messieurs, bienvenue pour cette deuxième mi-temps des quarts de finale de la Ulster Schools’ Cup of Rugby qui met aux prises Foyle and Londonderry School et Portora Royal School ! Rappelons que les visiteurs mènent logiquement 10-3 à la mi-temps. Après un début de match difficile, les Jaune et Noir ont en effet mis le diesel en marche et sont passés devant au score. S’ils restent sur la même dynamique, on voit d’ailleurs mal comment Foyle pourrait venir inquiéter PRS, tellement les abeilles dominent les débats… Mais le sport reste le sport et sa glorieuse incertitude peut toujours venir chambouler les pronostics ! »

***

Après quelques minutes en seconde période, et alors que Jutta n’est toujours pas revenue…

« Quel dommage que cet essai en coin n’ait pas été accordé ! A 17-3 pour Portora, les Enniskilleners auraient pu gérer tranquillement la fin de match… Espérons qu’ils n’auront pas à regretter encore plus cette erreur d’arbitrage… Mais le jeu continue ! Et c’est Portora qui a la possession du ballon… Galbraith… Galbraith toujours… Galbraith encore... qui slalome entre les défenseurs… Galbraith qui se rapproche de la ligne d’en-but… ESSAI POUR PORTORA !! Galbraith qui aplatit entre les poteaux après un exploit individuel ! Le n°10 peut fêter son essai, c’est un authentique exploit personnel qu’il vient de réaliser ! 15-3 pour Portora, et peut-être 17 après la transformation, qui ne devrait être qu’une formalité pour le héros du match ! Oui, c’est fait ! 13-3 pour Portora, ça sent bon la demi-finale pour les boys du Fermanagh !

_ Ah, ça va mieux ! Ben… pourquoi tout le monde crie ?

_ ESSAI POUR PORTORA !!

_ C’est vrai ?! Ja Hund Scheiß verreckter, bluadige Hennagrepf und Kraiz Birnbaum und Hollastauda!!! J’ai loupé ça !

Note de Moi : Bon ben ça, je ne vais pas le traduire finalement… ça sonne mieux en allemand !

Mais hourra quand même ! P – P – P – R – S !!!! Come on Portora !!!! »

***

A un quart d’heure de la fin, Foyle et Londonderry School inscrit un essai qui relance le suspense (17-10)… Jutta stresse, et ça se voit / s’entend…

« C’est insoutenable. Unerträglich ! Au secours ! Hilfe ! Je vais devenir folle !

_ Devenir ?!

_ Oh vous, le macho de première, arrêtez avec votre ironie à deux balles !

_ …

_ C’est pas parce que vous ne mélangez pas mêlée et maul que vous êtes plus malin que moi ! Non mais !

_ Elle se prend pour qui celle-là ? Elle veut commenter un match de rugby, et elle sait même pas faire la différence entre un ballon rond et un ballon ovale ! Je sais bien que vous êtes blonde, mais c’est pas une excuse pour être bête comme ses pieds !

_ Ouh que c’est mesquin ça ! C’est petit ! Tout petit petit ! Espèce de primate !

_ Dyslexique de la géométrie !

_ Homme des cavernes !

_ Inculte ! »

Et le spectacle affligeant des noms d’oiseaux continue… Pendant ce temps-là, le match se termine. Après une fin de match crispante, Portora se qualifie pour les demi-finales pour la deuxième année consécutive…

***

Au bout d’une vingtaine de minutes…

Claude : « Euh, Jutta, Moi-Même, le match est terminé… On n’attend plus que vous pour repartir…

_ Pithécanthrope ! Hein ?! Quoi ?! C’est vrai ?!

_ Oui oui, ça fait déjà une vingtaine de minutes là…

_ (en chœur) Non ?

_ Si.

_ (Jutta) Et qui est-ce qui a gagné ?

_ C’est nous. 17-10. Les dernières minutes étaient tendues, mais heureusement, j’avais mon chewing gum ! Dites… J’peux savoir pourquoi vous vous engueuliez là ? Rien de grave au moins ?

_ (les deux mêmes) Non non, tout va bien, tout va même très bien !

_ Ok, tant mieux ! Je vous attends au bus !

(Claude s’en va) 

_ Jutta, pardon… J’me suis comporté comme un idiot…

_ Non, c’est moi, mes nerfs… J’me suis laissée emporter… Pardon…

_ C’est quand même n’importe quoi le sport parfois, tu trouves pas ?

_ Yep, c’est clair…

_ (en se dirigeant vers les bus) Bon allez, viens, on nous attend… »

(Ecrit avec l’autorisation et même la collaboration de Jutta. Vielen Dank meine Freundin) 

Et voilà ce que cela donne quand les deux assistants se mettent au rugby…

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Posté par vinceinlille à 22:09 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mars 2007

Episode n°16: Edinburgh and the Book of Knowledge

Un rêve qui naît d’une seule photo et qui se termine par des centaines. Pour rêver, encore, encore, encore…

Du vent qui souffle et de l’art d’atterrir

Je n’ai pas spécialement peur de prendre l’avion. Tout d’abord parce que je sais que, statistiquement, j’ai plus de chances d’avoir un accident en prenant le volant qu’en prenant les airs, mais aussi parce que je sais que, s’il m’arrive quelque chose en avion, je ne pourrais pas y changer grand-chose (là je sens qu’il y en a un qui va me tuer !) ! Et là, nul besoin de faire appel aux statistiques pour vous convaincre que les probabilités sont plus fortes pour moi de réchapper d’un boum en voiture que d’un bang en avion (là j’en connais un qui va me tuer une deuxième fois !).

A l’heure de prendre l’avion pour Edimbourg, je n’éprouvais donc aucune appréhension particulière. Qui plus est, le périple en bus avait été pépère, le panneau des départs n’avait pas annoncé de péripéties, et il n’y avait pas eu de pépin au passage des portes de contrôle non plus. Bref, paquetages en soute, papiers en règle, nous étions prêts à planer direction le pays des Lothians pour faire le plein de souvenirs. Et, à vrai dire, je ne pensais pas que ça allait commencer aussi vite !

Vous n’êtes pas sans savoir que, depuis le début de mon assistanat, j’ai rencontré quelques problèmes avec les différents moyens de transport que j’ai utilisés… Le bus, la voiture : finalement, il ne manquait plus que l’avion pour compléter le tableau. Non, en fait, il manque aussi le bateau et le train. Mais, parlons seulement de ce qui est probable, car pour ce qui est du train, ce n’est pas à Enniskillen que je vais avoir des problèmes : il n’y en a pas ! Entre parenthèses, c’est d’ailleurs dans ces moments-là (et aussi quand tu dois te taper des heures et des heures de bus pour parcourir un centaine de kilomètres, j’avoue que ça pèse dans la balance quand même un petit peu…) que tu apprécies d’habiter en France et de bénéficier d’un réseau ferroviaire de qualité et performant. Alors oui, bien sûr, notre chère compagnie des chemins de fer fait grève régulièrement (et pas toujours pour de bonnes raisons), mais au moins elle EXISTE !

Mon coup de gueule étant poussé, je peux revenir à mes avions. Une dernière chose toutefois : certaines personnes qui lisent attentivement mon blog, enfin si ça existe – meurtre de Vincent, troisième ! – me feront certainement remarquer que j’ai laissé de côté les bateaux. Certes. Mais de un, je n’ai pas eu l’occasion de beaucoup emprunter la voie maritime pour me déplacer, et de deux, je fais ce que je veux ! Je sais, c’est injuste, mais que voulez-vous, le monde est ainsi fait… D’ailleurs, si je le voulais, je pourrais même décider de mettre « un point final » juste là, rien que pour vous embêter. Niark niark niark ! Mais, parce que je suis magnanime, je vais arrêter de vous faire tourner en bourrique – une pensée me vient à l’esprit : plutôt que « du vent qui souffle et de l’art d’atterrir », j’aurais dû écrire « de l’art de tourner en rond », ça aurait été plus juste !

Enfin bref, mes avions ! Ou plutôt mon avion, et son pilote. Qui eux, par contre, ne tournaient pas vraiment ronds ce soir-là. Ou alors qui étaient ronds comme des culs de pelle, ça dépend de la manière dont vous voulez le tourner. Ben oui, disons qu’à force de faire des ronds dans l’air – c’est un avion, pas un bateau, donc je m’adapte aux circonstances. Oui, je sais, c’est impressionnant cette faculté d’adaptation… Ca devient une sorte de réflexe quand on a roulé sa bosse. Mais, je disais donc qu’à force de faire des ronds dans l’air, ils ont fini par nous faire tourner la tête…

Etant placé au niveau des ailes de l’avion comme à chaque fois – disons que je considère ça comme une précaution, je savais que le problème – si problème il y avait – ne venait pas de là. Mais y’a pas, ça tanguait, ça tanguait, encore et encore ! Bon, pas besoin de retourner le problème dans tous les sens pour comprendre que c’était la faute du vent. Quoique… Ben faut dire qu’à force d’être ballotté dans tous les sens comme dans un tambour de machine à laver, j’crois que c’est normal de tourner de l’œil ! Et j’vous raconte pas l’état dans lequel on était à l’atterrissage… Oui, c’est bien ça : lessivés !

De bâtir des bâtiments aux proportions impressionnantes

Encore une fois, une photo vaut mieux qu’un long discours…

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Bon, je sais bien que Martina et Jutta sont à genoux. Je sais aussi que ce ne sont pas les plus grandes personnes du monde. Mais tout de même, ces bâtiments étaient vraiment d’une taille gigantesque. L’étroitesse de la rue accentuait encore cette impression. Et le fait que ces immeubles soient de l’époque médiévale ne fait, à mes yeux, que les rendre encore plus grands.

De marcher et de s’orienter en terres inconnues

En toute logique, la première chose que l’on doit faire quand on arrive dans une ville qui nous est inconnue, c’est aller à l’office de tourisme, demander un plan de la ville et repérer sur ce plan les endroits importants. En tout cas, c’est comme ça que je fais à force de traîner avec des Allemands. Mais pourtant cette fois…

Une des élèves de Jutta, Rachel, a une sœur qui est étudiante à Edimbourg. Sachant que nous nous rendions là-bas, Rachel nous a donc mis en relation avec Mary Jane – puisque tel est son nom – pour qu’elle nous guide un peu à travers la ville, du moins le temps d’une journée. Seulement voilà… Quand le guide ne connaît pas la ville, c’est un peu comme quand le pilote de l’avion lutte contre le vent : on tourne en rond !

Bon, ok, dire que Mary-Jane ne connaissait pas Edimbourg, c’est vraiment exagéré. C’est juste que, Mary-Jane, comme un certain nombre d’habitants d’Edimbourg (mais aussi de Paris, de New York, de Londres, de Boulogne-sur-mer, et de toutes les villes touristiques à travers le monde… si, si, Boulogne-sur-mer EST une ville touristique je vous assure), est victime du syndrome que j’appelle « j’habite dans une ville touristique et pour moi les attractions font partie du décor » ou bien encore « je passe devant ces monuments tous les jours et du coup je n’y fais plus attention ». Ce qui se traduit dans les faits par des situations du genre :

« Et le musée des gens d’Edimbourg, c’est comment ?

_ Mary-Jane :… »

Ou

« Si on se promenait du côté de Calton Hill ?

_ M-J : C’est où ça ? »

Non là, je suis franchement très méchant, j’exagère, je divague, j’en rajoute des tonnes. Je le dis d’autant plus sincèrement que, pour moi, aller dans une ville pour y habiter / étudier / travailler et aller dans une ville pour la visiter, ce sont deux optiques diamétralement opposées. Pour illustrer notre propos, reprenons un instant notre exemple de Boulogne-sur-mer (car je persiste et je signe, c’est une ville touristique). Même si je n’y ai jamais habité, j’ai toujours été un voisin proche. C’est là que j’ai fait une partie de mes études, c’est là que je sors le plus souvent, c’est là qu’habite une partie des amis, etc. D’ailleurs, c’est bien simple, quand je parle d’ « aller en ville », la ville en question, c’est Boulogne. Pour moi, elle n’a donc rien de fantastique, puisqu’elle fait partie de la routine, et les trésors extraordinaires dont elle regorge me laissent, à la longue, de plus en plus insensibles, quand je n’ignore pas tout de leur existence ! Edimbourg, en revanche, est une ville que je ne verrais peut-être qu’une seule fois dans ma vie. Par conséquent, même si je n’ai pas pu tout visiter durant nos quelques jours passés là-bas, je l’ai certainement explorée plus que certains de ses habitants ne le feront jamais. Et ce notamment grâce à notre guide, qui, comme je l’ai déjà dit, manquait un peu de repères…

Pourtant, à Edimbourg, on ne peut pas dire qu’ils n’ont pas le sens de l’hospitalité. En effet, pour éviter des déplacements inutiles aux touristes fainéants, tous les musées, bâtiments officiels (dont le Parlement écossais), magasins de souvenirs, etc, sont regroupés le long d’une immense rue en ligne droite (mais en pente malgré tout) qui relie le château fort (Edinburgh Castle) à la résidence royale de Holyrood House. Pour s’en convaincre, il suffit d’ailleurs de regarder la petite carte qui suit :

The_Royal_Mile

Cette très longue artère est communément appelée « the Royal Mile ». « Mile », parce qu’elle fait à peu près un mile (soit « un ciseau neuf » mètres – 1 6 0 9 mètres – c’est mon moyen mnémotechnique pour le retenir), et « Royal », étant donné qu’on a les résidences royales – l’ancienne (celle des souverains d’Ecosse) et la nouvelle (celle de la famille royale britannique quand ses membres sont en visite dans la région) – à chaque extrémité. On peut difficilement faire plus simple…

En revanche, sortis de cette rue, Edimbourg est, comme tous les territoires inconnus, une espèce de jungle dans laquelle le danger peut surgir à tout moment. A Edimbourg, les rues sont peuplées de fantômes, de vampires, de fans d’Harry Potter… Dans ce contexte hostile, il s’agit donc de faire preuve de vigilance, d’être sur ses gardes, et surtout, de ne pas SE PERDRE ! Malheureusement, et en dépit de leur sens aigu de l’organisation, il y a certains paramètres que les Allemands ne peuvent maîtriser. MJ en est un, et leurs problèmes d’orientation personnels en sont un autre. Surtout quand il s’agit de Jutta, car il faut alors intégrer un autre élément : Jutta est têtue. Et une bavaroise qui est têtue, ça se sent !

« J : Alors, où est Cowgate ?

_ V : Je pense que si on prend…

_ J : Voilà, ça y est ! (en s’éloignant dans la direction qu’elle a choisi) J’ai trouvé !

_ V : Mais Jutta…

_ J : Faites-moi confiance, suivez-moi ! »

Quelques heures plus tard, alors qu’on se retrouve dans le port d’Edimbourg, face au Britannia…

« J : Ah, ben je crois qu’on s’est trompé…

_ V : On ?!

_ J : Ben oui, vous auriez pu me dire qu’on était dans la mauvaise direction… »

Non, encore une fois, j’exagère. ON s’est parfois perdu un peu, mais sans grande conséquence. En revanche, ce qui est vrai, c’est qu’on a marché, marché, marché. Jusqu’à l’épuisement total. Mais pour notre plus grand bonheur, car c’est aussi ça être touriste…

De parler allemand (sic)

Mes talents en allemand ne sont plus à démontrer. Euh, en fait si, mais pas maintenant, alors que je m’adresse à vous, Français et francophones. Je tiens à VOUS épargner mes errements linguistiques incompréhensibles d’initié. Je tiens aussi à ME préserver d’une flatterie que je ne mérite pas – oui je sais je suis trop modeste. Mais en même temps, il faut me comprendre : je risquerais de vous écoeurer si je mettais en pratique tout ce que j’ai appris depuis huit mois. Car depuis que je suis en Irlande du Nord, je n’ai jamais autant rencontré d’Allemands de ma vie. Pire, j'HABITE avec une Allemande, qui me martyrise régulièrement à coups de « Hallo ! wie geht’s ? », de « Gute Nacht » et de « Tchussi ! ». Conséquence, mon cerveau, comme celui d’innombrables personnes avant moi, est peu à peu colonisé par la langue germanique, formaté à la rugosité des « traurig », traumatisé par la torture « virelangesque » des « Schwarzwälder Kirschtorte » et des « Rührteig Backpulverteig ».

Mais le pire – oui, je sais, on atteint des sommets dans l’ignoble – le pire disais-je, ce sont les réunions des disciples de Goethe (un obscur poète allemand…). C’était encore le cas ce vendredi soir là à Edimbourg, où je me suis retrouvé entouré de six demoiselles d’Outre-Rhin. Pour certains, cela ressemblerait à la réalisation d’un fantasme sur lequel nous ne nous étendrons pas plus ici. Pour moi, il s’agissait plutôt d’un cauchemar éveillé. Certes, comme je l’ai déjà dit, à la base, mes talents dans la langue de Freud sont immenses. Mais mon « ça », mon « moi » et mon « surmoi » sont en conflit permanent (une vague histoire d’ego…) et, du coup, « moi » refuse de jouer le je ; « ça » est là, mais comme « ça » est sous « surmoi » qui est aussi sur « moi », ça ne dépend pas vraiment de « ça » de savoir si de « ça » aussi dépend cela (ma capacité à parler allemand, je reprécise au cas où…) ; quant à « surmoi », « ça » et « moi » lui donnent tellement de travail qu’il n’en a pas grand-chose à faire que moi (moi moi pas moi « moi »), je sois un génie – n’ayons pas peur des mots une fois de plus – de l’allemand.

Oh, bien sûr, moi ça ne m’empêche pas d’essayer quand même de parler cette langue aux sonorités si faciles à admirer. Encore ce soir-là d’ailleurs, mais force est de constater qu’une fois de plus, mon esprit est resté sourd au chant des nixes…

D’être écossais

La fierté écossaise, ça n’est pas qu’une légende…

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Mais elle prend des formes parfois surprenantes, pour ne pas dire ridicules…

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De savoir attendre

Une des qualités que nous a permis de cultiver l’Irlande du Nord, c’est la patience. Patience avec les élèves, patience avec soi-même, mais aussi, et ça ne surprendra personne si je dis ça, patience avec les transports en commun, qui se résument ici aux BUS, aux BUS et encore aux BUS.

Oh, il est loin le temps où la barrière de l’accent m’empêchait de comprendre les chauffeurs de BUS, mais il est un problème de taille contre lequel on ne peut rien et qui nous empoisonne la vie chaque fois qu’on veut prendre le BUS : les horaires farfelus des BUS en Irlande du Nord (en Irlande tout court d’ailleurs).

Je ne me suis jamais aventuré à éplucher le guide de la compagnie de BUS (je tais son nom pour la protéger) qui exploite le réseau routier nord-irlandais, mais il m’est arrivé plus souvent qu’à mon tour d’être la victime malheureuse de leurs horaires impossibles. Je ne connais d’ailleurs pas le nom de la (ou des) personne(s) qui est (sont) responsable(s) de ce casse-tête chinois insoluble, mais ça doit être un (de) sacré(s) plaisantin(s) ! Je ne parle pas tellement des liaisons Enniskillen – Belfast, car elle est plutôt bonne (par contre on passera sous silence le fait qu’entre Dungannon et Enniskillen, le BUS s’arrête à chaque petit village, faisant même des tours et des ratatours pour être sûr de ne pas en oublier un), mais pour le reste…

Forcément, qui dit patienter dit aussi trouver de quoi faire pour passer le temps. Une des règles les plus élémentaires dans cette perspective, c’est de trouver un bon café bien accueillant, de s’asseoir autour d’une table dans les sièges les plus confortables possible et de commander une « boisson qui permette de faire passer le temps ». Car oui, mesdames et messieurs, il existe des boissons qui ne permettent pas de passer le temps ! Prenez le jus d’orange par exemple. Le jus d’orange n’est pas une boisson qui permet de passer le temps. Pourquoi ? Mais voyons il n’y a que les gens pressés qui prennent un jus d’orange ! Ils sont d’ailleurs tellement pressés qu’ils s’empressent de presser le serveur pour qu’il presse le pas et le jus d’orange, en menaçant le pauvre homme de mauvaise presse s’il manque d’empressement !

Non, quand on veut passer le temps, on prend un café. D’ailleurs le choix du café fait déjà passer un peu le temps : latte ? mocha ? cappucino ? expresso ? long ? court ? avec ou sans sucre ? Du lait ? Un morceau de chocolat ? Puis on attend. Que le café soit servi bien sûr, mais aussi de pouvoir le boire, car un vrai café est toujours trop chaud pour être bu immédiatement et d’une traite. Et bien souvent, même quand on pourrait le boire, on attend encore. Pour prolonger le plaisir, parce qu’on n’a pas envie de partir. C’est comme ça avec un café : aussi petit soit-il, tant qu’il reste une goutte ou que la tasse n’a pas été ramassée, il nous sert d’excuse pour rester encore un peu plus longtemps.

Malheureusement, quand l’attente est très longue, même le café ne suffit plus. Il convient alors de trouver encore un autre moyen de passer le temps. Pour ma part, je ne suis pas fan de sudoku et encore moins de tricot. Je suis certes mordu de lecture et d’écriture, mais je suis incapable d’écrire ou de lire quand il y a trop de monde autour de moi. Jouer aux cartes ? Ça va bien un moment. Ecouter de la musique ? Je n’ai pas de MP3 ni de iPod ni aucune autre forme de lecteur de musique portable. Par contre, j’ai toujours sur moi mon appareil photo numérique…

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Trouver plaisir à fixer pour l’éternité le temps qu’on a essayé par tous les moyens de faire passer au plus vite, c’est une manière de conjurer le paradoxe. Enfin, sans aller si loin, c’est surtout l’occasion de se créer des souvenirs, pour rêver, encore, encore, encore…

Posté par vinceinlille à 19:13 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 mars 2007

Episode n°15: Before I miss the bus...

Des anecdotes, courtes, drôles, passionnantes, tristes ou que sais-je encore ! Un reader’s digest de tout ce dont j’aurais dû vous parler depuis des lustres mais que je n’ai jamais pris le temps d’écrire.

Sean les bons tuyaux

Certains s’en souviendront peut-être, il fut un temps où je me plaignais beaucoup des douches. Et bien laissez-moi vous l’annoncer fièrement : cette époque est révolue ! Oh, depuis un moment déjà, mais que le combat fut âpre, que la lutte fut intense !

En tout cas, finies les douches froides forcées le matin ! A pus ! Envolées ! Maintenant je peux décider si ma douche sera glacée, froide, tiède, chaude ou carrément brûlante ! Quel luxe (et je le dis sans ironie ni sarcasme) ! Merci donc à toi Sean ! Merci de t’être sacrifié pour nous et d’avoir arpenté la plomberie de Portora à l’aide de ta lampe torche (merci à elle aussi, car elle a vécu de sacrées aventures !). Merci car je sais que ça a été un sacré bazar. Merci pour les jours passés à déchiffrer le fonctionnement de cette foutue plomberie de l’école dont personne n’avait fait de plans et pour les heures perdues en conséquence à percer des trous dans tous les sens (on aurait cru qu’il y avait une invasion de termites !). Merci aussi de ne pas avoir perdu patience quand tu as dû affronter dans des combats épiques les robinets qui fuyaient et ceux qui ne voulaient plus couler. Merci enfin de ne jamais t’être énervé alors qu’on te demandait à chaque fois qu’on te croisait si tu avais bientôt fini.

MERCI !

Rodney

Une heure… En une heure, qu’a-t-on le temps de faire ? Pour certains, c’est à peine suffisant… D’autres ne savent qu’en faire… En une heure, Rodney a lui réussi une performance incroyable. Pour tout dire, je pense qu’il a même établi un record du monde de la spécialité. En une heure, Rodney a déménagé de Portora… puis ré-emménagé à Portora !

Ça parait absurde de ne déménager que l’espace d’une heure (non, en fait ça l’EST !), mais plusieurs indices troublants nous avaient laissé à penser qu’il n’était pas sûr de vouloir partir de Portora…

Tout d’abord, le jour de son déménagement. Ce jour-là, il fallait voir comment Rodney était agité ! Pire qu’une pile électrique, on aurait dit un Irlandais monté sur ressorts ! Je crois d’ailleurs qu’il ne m’a jamais autant dit « bonjour » et « ça roule ? » dans la même journée depuis septembre ! Comme je suis certain que je ne l’avais jamais vu venir autant de fois dans la cuisine en une journée ! Ces va-et-vient n’avaient d’ailleurs aucun sens. Il descendait dans la cuisine, il rentrait deux secondes, demandait comment j’étais, puis remontait dans sa chambre. Et ce « cirque » a duré pendant deux à trois bonnes heures. Cuisine, chambre, cuisine, chambre, cuisine, chambre. Oh tiens, et si j’allais faire un petit tour jusqu’à la cuisine pour voir si la poignée de porte fonctionne bien ?!

Ensuite, il n’arrêtait pas de parler de son nouveau chez lui. Au début, il en était très content. « C’est génial, je vais enfin pouvoir accueillir mes amis comme je veux ! Plus besoin de demander à personne, ils pourront venir quand ils veulent, on pourra faire autant de bruit qu’on veut, c’est vraiment génial ! » Puis très vite le discours a changé de ton, s’est fait moins enthousiaste : « Oh il n’a pas été habité depuis longtemps cet appart, il y a plein de poussière partout, et le journal sur la table date de septembre 2005 »… Pour finir par nous dire dans les deux derniers jours avant son départ « Je n’aime pas la moquette, elle est moche et elle pue. Je n’aime pas la chambre. Je n’aime pas la cuisine. Je n’aime pas ceci, cela et encore ceci ! Et puis il a fallu que je rachète ceci et cela etc. » Eh beh, si ça c’est pas de l’amour !

Bon, pour être honnête, Jutta et moi ne l’avons pas aidé à se motiver non plus. On va même dire qu’on l’a franchement découragé. Et pour cela, une seule tactique : trouver le point faible et l’attaquer là-dessus ! En l’occurrence avec Rodney, le point faible n’a pas été dur à trouver…

Les statistiques montrent que l’homme irlandais aime la vie. Ainsi, il aime à se retrouver autour d’une bonne table, pour trinquer, faire ripaille et pousser la chansonnette (et s’agissant de Rodney, il faut reconnaître qu’il la pousse plutôt bien !). Mais ce que l’homme irlandais aime par-dessus tout, bien plus que tout (c’est dire !), c’est PAR-LER !

L’homme irlandais est ce qu’on appelle communément un moulin à parole, un bavard, un blablateur, voire même une langue sur pattes. Toute occasion est bonne pour parler, même quand elle ne l’est pas !

Et donc inutile de dire que l’on a joué à fond sur cette corde sensible, de manière assez mesquine parfois : « Mais Rodney, tu veux vraiment partir vivre TOUT SEUL dans ton appartement du centre-ville, situé dans un immeuble où PERSONNE d’autre n’habite, loin de NOUS, les SEULES personnes à qui tu PARLES vraiment en dehors de l’école ? »

A vrai dire, on ne pensait pas que ça marcherait aussi bien !

FLA cherche mentors

Quand on est assistant de langue étrangère, ce qui est bien, c’est que l’on peut compter sur un mentor. Le mentor, c’est un professeur qui enseigne votre langue maternelle, celle dans laquelle vous devez l’assister (logique…), et qui vous sert de référent : il peut vous donner des conseils pour vos cours, vous demander d’insister sur telle ou telle activité, et c’est aussi le / la prof avec lequel / laquelle vous entretenez des rapports privilégiés.

Enfin ça, c’est quand tout se passe bien. Et aussi, bien évidemment, quand les mentors sont à l’école. De ce point, Jutta comme moi, on ne peut pas dire qu’on ait été gâté, et sans vouloir tirer la couverture à moi, je pense que j’ai été celui qui en a le plus bavé !

Il ne m’appartient pas de dévoiler ici les raisons pour lesquelles Eileen (Portora) et Audrey (Collegiate) ont été absentes, mais je peux néanmoins témoigner du fait que pendant un mois à un mois et demi, j’ai ramé quasiment tout seul dans les deux écoles. Car, comble de malchance, elles ont été absentes toutes les deux en même temps ! Et, comme déjà en temps normal les profs n’ont pas forcément beaucoup de temps à nous accorder, il est inutile de vous dire que les remplaçants font encore moins cas de votre situation…

Malgré tout, il y a quand même des évènements qui vous font relativiser l’importance de ce genre d’anecdotes et vous ramènent bien vite aux VRAIES priorités de la vie…

Au feu !

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Portora est un vieux bâtiment. Et par vieux, je n’entends pas « vieux » comme dans « oh qu’il est vieux ce bâtiment ! » mais « vieux » comme dans « oh qu’il est vieux ce bâtiment ! ». Je sais, la nuance est subtile (voire imperceptible), mais laissez-moi vous l’expliquer sans plus tarder pour une fois !

Pour moi, il y a deux sortes de « vieux ». Il y a le vieux délabré, mal entretenu, qui n’a aucun charme, aucun style. Et il y a le vieux désuet, entretenu tant bien que mal mais avec charme et style. Portora est de cette race de bâtiments-là. Se dressant toujours fièrement au sommet de sa colline en apparence, mais néanmoins encore assez rustique de l’intérieur. Exemple…

En ce dimanche matin de novembre, alors que tout Portora était encore bercé par le silence de la nuit, un bruit vint perturber mon sommeil. Un bruit qui nous était étrangement familier, mais pourquoi résonnait-il alors qu’on était dimanche, et surtout pourquoi ne s’arrêtait-il pas ?

Pas vraiment réveillés – en tout cas pas prêts de se rendormir du fait de tout ce ramdam, tous les résidents présents ce dimanche se rejoignirent comme un seul homme dans le couloir qui mène à la cuisine. Je vous passe le détail des tenues de chacun (vous imaginez bien que nous étions tous sur notre trente et un, brushingés et colgatisés), mais j’avais l’esprit suffisamment désembrumé (j’adore inventer des mots !) pour noter avec plaisir que tout ce petit monde, à moitié endormi, la voix cassée, grognon, pas habillé, les marques d’oreillers encore bien visible sur les visages et l’haleine… bah l’haleine quoi, était pour la première fois réuni au même endroit au même moment. Eh oui, la première fois, c’est toujours un moment inoubliable…

Toujours est-il qu’après des négociations dignes des sommets internationaux – bah oui on est quand même deux Australiens, un Irlandais, un Irlandais du Nord, une Allemande et un Français à vivre sous ce toit, décision fut prise de tous se déplacer pour arrêter ensemble, vous l’avez compris, notre très sensible (pour ne pas dire autre chose) alarme à incendie de m*rd* (ah bah ça y est je l’ai dit !).

Prendre le couloir en direction de la cuisine. Passer la cuisine et continuer toujours trop droit. Aux escaliers, descendre et prendre la porte à droite. « Ah ben flûte, elle est fermée ! Comment on fait maintenant ? _ Pas grave, on fait le tour ! » Remonter les escaliers. En haut, tourner tout de suite à gauche. Longer le couloir et repasser devant la cuisine. Continuer jusqu’à la porte. Passer cette porte et descendre les escaliers sur la gauche. Descendre, descendre et descendre. Passer la porte face aux escaliers. « Nous voilà dans le hall d’entrée pour les résidents. Quelqu’un a les clefs pour ouvrir l’école de l’extérieur ? _... » Remonter les escaliers, refaire tout le chemin en sens inverse jusqu’à la fin. Passer la cuisine et les escaliers sur la droite. Continuer à travers le couloir et rentrer dans la pièce « interdit d’entrer ». Traverser cette pièce, puis la suivante. « La porte est fermée à clefs, et je n’ai pas la clef de cette porte-là. _ Tant pis, on la défonce. _ Ah non, finalement pas besoin Lochi, le verrou est de ce côté-ci aussi ! _ Zut alors… » Descendre les escaliers et prendre à droite. Hall d’entrée de l’école. « C’est pas trop tôt, elle commence vraiment à me soûler cette alarme ! »

Tableau de bord. « Alors, tapez X, Y*Z, A+B-C*D… _ Heureusement que ce n’est qu’une alarme incendie ! Je n’ose même pas imaginer ce que ce serait si c’était Fort Knox ! _ … Et l’âge du capitaine ! Voilà, c’est bon ! »

Hip, hip, hip, hourra ! L’alarme est morte ! Enfin presque… Le bruit avait été tellement fort qu’il persistait encore dans nos oreilles. Qui plus est, cela ne réglait pas le problème : pourquoi l’alarme s’était-elle déclenchée ? Pour résoudre ce mystère, pas d’autre solution que d’arpenter les couloirs de Portora en pyjamas et pantoufles / chaussures à sept heures du matin un dimanche… Ce que nous fîmes avec la plus grande allégresse bien entendu (sic).

Etait-ce encore un tour de notre facétieux Franz-Friedrich (qui est depuis aux abonnés absents) ? Toujours est-il que le feu, dont l’alarme nous annonçait qu’il s’était déclaré dans les labos de chimie, avait apparemment vécu, car point de feu dans les labos de chimie, pas même le nano-micro-début d’une flamouchette (que les scientifiques me pardonnent pour ce recours certainement abusif à un langage que je ne maîtrise pas du tout). Ni là ni ailleurs à vrai dire. Et finalement c’est bien ça qui m’inquiète !

Omnes honorate

Portora est un vieux bâtiment. Je ne vais pas vous refaire le couplet ci-dessus, mais il est important tout de même que vous compreniez à quel point cette école est attachée à son histoire, à sa grandeur, à son titre de « Royal School » aussi, tout comme aux élèves illustres qui ont franchi ses portes et ont contribué à sa légende (Oscar Wilde et Samuel Beckett en tête).

Quand on arpente les, enfin, le couloir de Portora (et un c’est bien suffisamment, car le verbe « arpenter » est loin d’être galvaudé ici croyez-moi !), il est d’ailleurs impossible de ne pas se rendre compte à quel point cette école vit et revit son histoire jour après jour, tout en s’efforçant également de vivre son présent pour préparer son futur. Sur les murs sont en effet accrochées les photos officielles de chaque équipe première de rugby et de chaque équipe première d’aviron de l’école depuis la fin du XIXè siècle. Ailleurs sont suspendus des tableaux d’honneur où sont inscrits les noms des anciens élèves qui ont reçu des prix d’excellence dans leurs études universitaires. Dans le réfectoire se trouvent les tableaux de tous les anciens « headmasters » de l’école depuis la création de l’école en 1608. A l’entrée, enfin, sont accrochées des plaques commémoratives pour « Samuel Beckett 1906-1989 1969 Prix Nobel de Littérature élève de 1920-1923 » et pour « Oscar Wilde 1854-1900 Ecrivain et homme d’esprit élève de 1864 à 1871 ».

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Je dis enfin, mais j’oublie les œuvres des élève affichées dans la salle des derniers cycles (la salle des ordinateurs, celle d’où je poste mes articles et où il fait un froid de canard même en pleine journée !). J’oublie aussi les photos d’école (ils ne font pas de photos de classe) qui font le tour de la Seale Room et j’oublie enfin le tableau d’Oscar Wilde dans le hall d’entrée des résidents !

Tout cela peut paraître anodin (ça fait quand même beaucoup !), et pour beaucoup cela paraîtra même anecdotique, mais ce n’est finalement que l’illustration parfaite de la devise de l’école « Omnes Honorate » (honore toute chose).

Oui, tout à fait d’accord : Omnes Honorate. Y compris la moquette de cette fameuse entrée des résidents, piétinée, écrasée, labourée, bref, malmenée par les allées et venues incessantes.

Enfin, Omnes Honorate, ça comprend aussi (au moins ça devrait) les GENS qui habitent dans l’école, et qui n’ont pas été prévenus qu’on allait condamner la porte d’entrée des résidents, la seule porte dont, bien entendu, nous avions la clef pour rentrer ce lundi soir avec les courses…

"People say that the schoolmaster [was] abroad [that evening]. I wish to goodness he were."

(O. Wilde, Critic As Artist)

Pas de bol pour lui, même pas ! Niark niark niark !!

Ode au Grille-pain

Portora est un vieux bâtiment, mais le grille-pain était lui jeune, très jeune. Trop jeune même. Et pourtant, si Portora tient toujours debout et n’a pas (encore) été victime des flammes, le grille-pain lui s’en est allé. Vite, très vite, trop vite. Portons donc un toast à sa santé…

« O Toaster, grilleur de pain de mes matins, tu n’étais pas comme tous les toasters. Parce que tu étais le mien, que dis-je ! le nôtre ! Oui Toaster, plus qu’un simple ustensile de cuisine, tu étais un vrai co-pain. Tu étais le  9ème compaingnon de la communauté, l'anneau qui nous unissait tous.

Avec toi, on mangeait notre pain blanc, et maintenant que tu nous a quittés, on se sent un peu comme du pain perdu… Oh oui, que les jours étaient Prosper quand tu étais là…

Malheureusement Toaster, ton envie de vivre à deux mies à l’heure t’a joué des tourtes. Et parce que tu n’as pas su séparer le bon grain de l’ivraie, le formidable feu qui t’animait t’a consumé de l’intérieur et tu as fini par péter les plombs…

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Enfin maintenant on en a un tout nouveau tout beau. C’est le même que l’ancien, mais moi j’dis que malgré tout « C’EST PAAAAAAS PAAAREEEEEIIIIILLLL ! »

Parties de cartes et délires domestiques…

Comme pour les saisons, il y a toujours un mois de l’année que l’on exècre par-dessus tout, un mois qui est un cauchemar permanent, une torture annuelle à laquelle on ne peut échapper où que l’on soit, sauf à changer d’hémisphère tous les six mois afin d’éviter que le problème ne se pose. Moi c’est le mois de janvier. Je déteste le mois de janvier. Pour moi janvier c’est comme le mois de novembre, en pire.

Je dis que je déteste le mois de janvier, et c’est encore pire ici à Enniskillen. Niveau temps, c’est affreux : la pluie, le froid, le jour qui se lève vers 9h et le soir qui tombe à 16h30. Et pour ce qui est des sorties, tu es très limité. Steven le résume grossièrement par « soit tu te fais un film, soit tu te bourres la gueule ». Mouais bon, là c’est vraiment réducteur. Oui, car il y a quand même les magasins, le ciné, et le centre sportif qui sont ouverts aussi, en janvier, à Enniskillen. Bon, ok, tous les musées sont fermés jusqu’au mois d’avril et les chemins de randonnée sont impraticables à cause de la pluie, de la boue, j’en passe et des meilleures, mais franchement, ce n’est pas moi, moi qui aime marcher et me balader, qui vais m’en soucier ? Si ? Si, un peu quand même. Mais bon, j’ai trouvé la parade imparable pour ne pas trop (il y a des limites) t’ennuyer en janvier à Enniskillen : tu joues au canasta.

Le canasta, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est « un jeu de vieilles dames » comme le décrit si bien Jutta. Et là, c’est le drame ! En un instant, je viens de ruiner des heures de préparation. En un instant, je viens de détruire ce que j’ai patiemment mis en place pendant des jours et des nuits… « Comment ça ‘ un jeu de vieilles dames’ ? On ne dit pas vieilles dames, on dit dames qui se couchent tôt le soir ! » Oui, oui, c’est bon madame aouch ! je ne le referais plus aïe ! Oui, maintenant si vous mais c’est qu’elle fait mal en plus !!! si vous pouviez arrêter de me frapper avec… le… dos… de… Bon, c’est bon maintenant, ne m’obligez pas à employer les grands moyens en cassant votre collection complète des CD de Frank Michael ! votre cuiller ! Merci ! Ah la la, jamais le temps de dire quoi que ce soit ! Faut toujours que les censeurs rappliquent !

J’en étais où moi… Ah oui ! Le canasta ! (en aparté) C’est bon, elle est maîtrisée la vieille, je peux y aller ? Ok ? Ok ! Le canasta donc, c’est un jeu. _ Non ? _ Si ! De cartes. _ C’est pas vrai ?! (D’étonnement, je précise.) Ça peut se jouer de deux à six joueurs. _ OOoooohhhhh ! _ Oui bon ça va maintenant ! Je sais que j’explique extrêmement bien mais ce n’est peut-être pas la peine de dégoûter tout le monde !

Si vous voulez jouer au canasta, prenez deux jeux de cartes de 54 cartes et mélangez-les. Vous avez maintenant huit exemplaires de chaque carte (le roi, la dame, le 10, etc) et quatre jokers.

Si vous êtes deux joueurs, distribuez quinze cartes à chacun des deux joueurs ; 13 si vous êtes trois ; onze si vous êtes quatre, etc. Les autres cartes constituent le talon.

« Limpide !

_ Chut ! j’ai dit ! »

Au canasta :

- Les « 2 » et les jokers sont des jokers. Ils remplacent n’importe quelle autre carte, à l’exception des « 3 ». Les jokers valent 50 points et les « 2 » 20 points.

- Les As valent aussi 20 points.

- Les cartes du Roi au 7 exclu valent 10 points.

- Le 7 et les cartes en dessous comptent pour 5 points.

- Les « 3 » rouges sont des bonus. Ils valent 100 points chacun. Quand on a un « 3 » rouge, on doit le mettre sur la table et prendre une autre carte.

Le but premier du jeu est de faire des suites avec des cartes de même valeur. Une suite de sept carte de même valeur ou plus est appelé un canasta. On peut constituer un canasta avec au minimum quatre exemplaires de la même carte plus 3 jokers (4 Rois plus deux « 2 » et un joker par exemple). Un vrai canasta (7 Rois par exemple) compte pour 500 points et un canasta avec jokers compte pour 300 points. Un canasta constitué uniquement de jokers compte pour 1000 points.

Ensuite, il y a un tas d’autres règles plus ou moins compliquées qui rendent plus dure la possibilité d’atteindre les 5000 points, le nombre de points qui vous permet de gagner.

Voilà, ça c’était le canasta ! Là je vous ai fait la version TRES courte, car l’expérience montre qu’il faut au moins trois heures pour qu’un apprenant (c’est comme ça qu’on appelle les élèves je crois maintenant. Je trouve que c’est un mot horrible.) maîtrise à peu près les rudiments du jeu. Trois heures, c’est suffisant pour… Non c’est pas à ça que je pensais, gros vantard ! Non, trois heures, c’est suffisant pour faire plein de choses. Au choix : ranger sa chambre, passer l’aspirateur, repasser, laver du linge, écrire, mettre des photos sur le blog et tout un tas d’autres activités. Mais bon, quand on sait jouer au canasta… Tiens à ce propos, t’aurais pas trois heures à perdre là ?

Donnie Darko

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« Follow me… Closer… »

Le film qui vous fait regarder votre lapin en peluche d’un autre œil.

Amour, Gloire et Beauté.

Vous connaissez certainement, du moins de titre, ce monument de la télévision française du matin sur France 2. Personnellement (mais personne ne me croira, car de toutes façons, personne ne vous croit jamais dans ces cas-là), je n’ai jamais suivi un seul épisode. Premièrement, parce que moi, je bosse le matin (enfin je vais à l’école quoi ^^), et deuxièmement, parce que j’ai mieux à faire autrement, comme regarder Titeuf sur France 3 par exemple…

Je ne sais pas depuis combien de temps cette série dure, mais ça doit bien faire une vingtaine d’années. Moi, ce qui me rend fou dans cette histoire, c’est qu’il doit y avoir des acteurs / actrices qui jouent dans la série depuis le début, et qui ont donc consacré vingt ans de leur vie à jouer Rick Machinchouette ou Donna Macbidule. Y’a peut-être même des personnages qui, au début, étaient des bébés, et qui depuis ont eu leurs propres enfants. Remarque, ils ne sont pas les seuls à faire le même boulot toute leur vie.

Mais le truc qui me fascine dans ce genre de série, c’est le nombre de meurtres, de coucheries, de réconciliations, de mariages et de divorces qui se sont produits depuis la création dans un monde si petit. Je suis sûr que si on faisait un palmarès de tout ce qui s’est produit, Monsieur S. aurait de quoi faire travailler ses Men in Dark Blue pendant des lustres !

Bon, une demi page pour en venir au sujet, ça commence à faire long, alors j’abrège !

Je ne sais pas si c’est le mois de janvier qui veut ça, ou si c’est parce qu’Enniskillen est la seule vraie ville du Fermanagh, ou bien encore si c’est parce que nous sommes des assistants (il faut entendre par là des « attractions » pour les locaux), mais toujours est-il que les rumeurs circulent à vitesse grand « V » par ici, et surtout celles nous concernant, nous, les assistants.

D’ailleurs, si on écoutait toutes les rumeurs de couple qui se font ou se défont, je serais pire qu’un salop (ou un sacré don juan c’est selon !) ! Ainsi, je serais d’abord sorti avec Jutta, avant de la larguer pour Dorothée, et ce au cours d’une soirée dans un pub où j’aurais profité de l’absence de Jutta pour conclure… Bon ok, j’ai brodé un peu l’histoire là, mais vous avouerez que toutes ces histoires ne manquent déjà pas de sel !

Plus généralement, il est vrai qu’être assistant à Enniskillen, ce n’est pas de tout repos. Je dirais même que c’est un peu comme vivre avec une pancarte dans le dos ou comme être suivi par une caméra 24h/24. Chacun de nos gestes est épié, et partout où on va, tout le monde nous connaît (la réciproque est très souvent fausse…). Bref, au bout du compte, tout le monde sait tout de nous, de A à Z, et même Z’ et Z’’, et il n’y a pas un seul endroit dans le Fermanagh où l’on ne croise pas une personne qui est le cousin au deuxième degré de la tante du beau-frère de la grande sœur de Tommy, mais-si-tu-sais-l’élève-de-Y11-que-tu-as-peut-être-vu-une-fois-depuis-septembre. Oui, c’est clair, je ne sais vraiment pas comment je fais pour ne pas m’en souvenir (sic)…

En tout cas, si je ne me rappelle plus ce que j’ai fait jeudi dernier aux alentours de 16h, je n’ai qu’à demander à Big Brother, euh je veux dire aux élèves, ils me le diront sans hésitation !

Posté par vinceinlille à 19:30 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 février 2007

Episode n°14: Road to Ravenhill (1/4)

Samedi 10 février 2007 avait lieu les 8èmes de finale de la Northern Ireland Schools’ Cup of Rugby, dont Portora Royal School est un des favoris cette année (on croise les doigts !).

Pour leur entrée dans la compétition, et devant un public venu en nombre, le XV de Portora a battu Limavady Grammar School (10-7) sur un drop dans les dernières minutes de son ouvreur Paul Galbraith.

PRS_limavady2

Mais que ce fut dur ! Surtout quand, après quelques minutes de jeu seulement, alors que les Jaunes et Noirs semblaient devoir poser leur main sur le match, un contre de Limavady allait obliger PRS à courir après le score (0-7).

Malgré ce début manqué, qui plongeait l’assistance dans l’angoisse, les joueurs ne se décourageaient pas. Mais même si Portora se procura quelques occasions d’égaliser en première période, la maladresse (la fébrilité ?) empêcha l’équipe de notre cher Lachlin de convertir en points une domination brouillonne.

Ces occasions manquées faillirent d’ailleurs coûter très cher, car Limavady, qui défendait bec et ongle son avantage, fut à quelques centimètres d’ajouter un deuxième essai juste avant le repos. Qui sait alors ce qui se serait passé ?

Heureusement, l’avertissement fut sans frais. Et eut le don de sortir les Jaunes et Noirs de la torpeur dans laquelle il semblait sombrer. La deuxième mi-temps confirma ainsi ce que la première mi-temps avait laissé entrevoir. PRS, supérieur physiquement, démarrait mieux et prenait son adversaire à la gorge d’entrée, si bien qu’il ne fallait pas plus de quelques minutes pour voir les « black shirts » revenir à la marque sur un essai en coin (7-7), au plus grand soulagement de la foule et d’un Lochi qui serrait le poing rageusement sur la transformation de Paul.

PRS_limavady1Dès lors, la victoire de Portora semblait inéluctable. Cependant, il était dit que rien ne serait facile dans ce match. En effet, les fautes de main (et de passe : comment peut-on faire une passe à un joueur dans les pieds ?!) continuaient à polluer le jeu de PRS, notamment à l’approche de la ligne d’en-but, et l’on se demandait bien comment l’équipe, qui manquait vraisemblablement de lucidité (comment expliquer autrement que les joueurs soient les seuls à ne pas s’être rendus compte que le pack adverse était totalement à la ramasse ?) allait réussir à décrocher la victoire. Les spectateurs commençaient d’ailleurs à avoir des fourmis dans les jambes, au point que Claude (le prof français de Portora) veuille entrer sur le terrain pour aider « les gamins » à forcer la décision !

Finalement, Claude n’eut pas besoin de mettre la main à la pâte ! Et c’est même au pied – pourtant autre domaine technique plutôt hésitant dans ce match ! – que la décision allait se faire. Alors que le temps réglementaire était déjà terminé, Paul Galbraith profitait de sa position face aux poteaux pour inscrire le drop de la victoire, celui qui envoyait, au bout d’un match tendu, Portora en quarts de finale.

Au prochain tour, dans deux semaines, PRS ira défier Foyle, une école de Londonderry / Derry.

***

Mais le week-end de rugby ne s’est pas arrêté là ! En effet, dimanche après-midi avait lieu le match au sommet entre l’Irlande et la France, dans le cadre de la deuxième journée du tournoi des Six Nations.

Le match se déroulait à Dublin, à Croke Park, le stade normalement réservé à la deuxième religion nationale : le football gaélique. Imaginez, un antre de 82 000 places pour un pays qui ne compte même pas cinq millions d’habitants et pour un sport qui n’est pas professionnel !

Plus modestement, Dorothée, Jackie et moi, qui n’avions pas de billet pour le match, avons décidé de nous réunir dans l’endroit où l’on parle beaucoup de la deuxième religion nationale, et aussi de la première, et même de tout le reste à vrai dire : le pub ! Le pub qui est, lui aussi, à sa manière, une sorte d’autre religion nationale (ou « sport national », tout dépendra des croyances de chacun !).

Toujours est-il que, nous trois, la foi « Bleue » chevillée au corps, pénétrâmes dans cet autre temple de la vie irlandaise, là où se célèbrent les victoires et où s’oublient les défaites.

Alors que nous prenions place au fond du bar, loin de l’écran géant, la présidente irlandaise, Mary McAleese, serrait la main de « ses » joueurs. Puis ce fut le tour des hymnes (y’avait l’air d’avoir pas mal de Français dans le stade !) et enfin, le match put commencer !

Et dans les premières minutes, la France semblait marcher sur l’eau ! Le XV tricolore, animé par le feu sacré, étouffait son adversaire, si bien qu’au bout d’un quart d’heure de jeu le score parlait de lui-même (3-13 France). Inutile de dire que nous étions tous les trois aux anges !

Malheureusement, toute chose a une fin et l’état de grâce aussi. Les Irlandais, dépassés par l’entrée en matière des Bleus, revinrent progressivement dans le match. D’abord sur pénalité (6-13) puis sur un essai en coin de O’Gara, consécutif à un long travail pour user la défense française (11-13, 32ème minute).

Dans le pub, les fidèles supporters de l’équipe d’Irlande recommençaient à croire à la victoire. Pour l’équipe de France, la mi-temps arriva à point nommé quelques minutes plus tard.

Survoltés par leur fin de première période, il semblait inéluctable que les Irlandais passent devant au score. Mais grâce à une défense du feu de dieu, les lignes bleues tenaient encore solidement et interdisaient toujours l’accès au paradis.

A Pat’s, on le sentait, la tension et l’inquiétude montaient doucement : les supporters irlandais parce qu’en dépit de sa domination le Quinze au Trèfle ne réussissait pas à prendre l’avantage ; nous trois parce que même si l’équipe française était remarquable en défense, le problème était bien là, elle ne faisait que défendre !

De fait, la marque n’évoluait pas beaucoup dans cette seconde période. Plus les minutes passaient, et plus décisives devenaient les occasions de marquer. A ce jeu-là, l’Irlande crut avoir touché le Graal, quand une pénalité de O’Gara (14-13, 56ème) puis une autre à deux minutes de la fin du match (17-13, 78ème).

A Enniskillen, croyant que la messe était dite, le peuple vert se mit à chanter les louanges de son équipe. Hélas, trois fois hélas pour eux ! Le Deus ex-machina n’avait pas encore eu lieu ! Et c’est dans un silence de cathédrale, à peine perturbé par les hurlements hystériques de trois fauteurs de troubles grimpés sur leurs chaises, que la France, sauvée des eaux à plusieurs reprises en deuxième mi-temps, inscrivait un essai dans les toutes dernières secondes et remportait la victoire sur le fil (17-20, 80ème).

***

Alors que je savourais le goût de la victoire…

_ Euh, ‘scuse-moi, mais juste une question, je peux ?

_ Mouais, vas-y Moi-Même…

_ Elle avait quel goût cette victoire ?

_ Celui de la joie et du soulagement.

_ Vraiment ?

_ Oui, soulagement car au moins je suis sûr que PERSONNE ne viendra me narguer à l’école ! Joie car j’attends Rodney de pied ferme demain. Niark niark niark !!

_ Et dis-moi, cette victoire, elle n’avait pas aussi un peu le goût de Guinness ?

_ Non, en fait elle avait surtout le goût de la France… »

***

Le lundi matin, revue de presse des journaux irlandais à propos du match :

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« Une bien cruelle manière de perdre un match » (The Irish Times)

« Une défaite qui fait vraiment très mal » (The Irish Times)

Posté par vinceinlille à 23:09 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 février 2007

Episode n°13: Irish Ballad

Irish Philosophy

There are only two things to worry about

Either you are well or you are sick.

If you are well,

Then there is nothing to worry about.

If you are sick,

there are two things to worry about.

Either you will get well or you will die.

If you get well,

There is nothing to worry about.

If you die,

There are two things to worry about.

Either you will go to heaven or hell.

If you go to heaven,

There is nothing to worry about.

But if you go to hell,

You’ll be so damn busy shaking hands with your friends.

You won’t have time to WORRY!!

***

West Side Story

Pour commencer (c’est une expression qui fait très didactique. Par contre, le mot « didactique » ne fait pas très didactique, ce qui est quand même un comble…), j’ai décidé de vous faire un cours de géographie sur l’Irlande.

Enniskillen, c’est là :

Enniskillen

Et voilà la République d’Irlande. Comme vous le voyez, je n’en suis pas trop loin.

r_publique_d_Irlande

Et tant que j’y suis, Cong, Inisheer, Galway, Clifden, Westport, Achill Island et Sligo, tout est là !

carte_d_irlande

Starring :

achill12   achill1

Les « G.O. » du voyage : Jutta et Moi (accompagné de moi-même)

+

Martina

achill13

On s’est bien pris la tête pour composer notre itinéraire, mais après moult embûches, indécisions et hésitations, on a finalement réussi à le boucler. Alors maintenant, tout le monde en voiture ! On accroche sa ceinture (très important), on met l’autoradio en marche, et hop, c’est parti pour notre West Side Story !

La galère, ça fait maintenant (à l’heure où j’écris) quatre mois qu’on y est habitué. L’arrivée, les premiers jours, la conversion, les bus, etc, vous en êtes familiers. Mais le truc qui est bien malgré tout quand tu galères tout le temps, c’est qu’à force de ramer… ben tu rames moins ! Ou tu te rames plus vite… Ce qui fait que tu pédales moins dans la semoule. En clair, tu APPRENDS à galérer du mieux possible !

C’est un art de galérer, ça ne s’apprend pas comme ça. A la base, ce sont notamment des années d’apprentissage intensif de non-débrouillardise et de mère-poulisme ô combien confortable. Ça te forge un caractère !

Ensuite, c’est une idée, saugrenue mais pas tellement : celle de prendre son INDEPENDANCE. Ça mûrit pendant quelques années (faut pas non plus que ça fermente, on risque alors la tanguiloïte aiguë) et finalement, un peu comme ça, on se retrouve à partir à l’étranger pour un an.

C’est là que commence la galère ! Mais encore une fois je ne vais pas refaire le tour de tous nos problèmes depuis le début. Non, je vais juste me concentrer sur les problèmes avant, pendant et après ces inoubliables (dans le bon sens du terme) vacances d’Halloween.

Avant :

On apprend toujours de ses erreurs, mais même en les corrigeant, on n’est jamais à l’abri de tout, et surtout des erreurs des autres ! A Limavady, on avait atteint un niveau jamais égalé de désorganisation (beaucoup) et de malchance (aussi), qui avait résulté dans ce calcul ma foi très simple :

énervement

+ colère

+ engueulade

+ fatigue

+ crise de nerfs

= la galère !

Les vacances se devaient donc d’être un moment de détente et de plaisir, et non la deuxième étape de notre tour d’Irlande à la rame. Pas de bol pour nous, les vents nous ont été contraires avant même l’embarquement ! Et naviguer contre le vent, chacun sait que c’est… ben oui je ne vous le fais pas dire ! Heureusement, tout est bien vite rentré dans l’ordre, et malgré un départ une nouvelle fois retardé (je ne suis pas le seul à être emmerdé avec les bus, n’est-ce pas Martina ?!), ce samedi 28 octobre 2006 vers midi nous nous sommes enfin élancés.

***

Rain or no rain

Une fois n’est pas coutume, le temps était loin d’être folichon – je sais que ça en surprendra plus d’un mais je vous assure que le climat en Irlande n’est pas aussi mauvais que l’on peut le croire. Pour être même tout à fait exact, c’est le seul jour de la semaine où il n’a pas fait beau. Et s’il ne faisait pas assez chaud pour se balader en tongs, short et marcel (‘faut quand même pas exagérer, je sais bien que l’Irlande est une île, mais les îles c’est comme les déserts, il y en a aussi où il fait froid !), au moins on n’a pas eu à se soucier du mauvais temps, même si, je me répète, ce jour-là fut plutôt l’exception qui confirme la règle.

Le problème dans cette histoire, c’est que l’Irlande – comme le Nord-Pas-de-Calais soit dit au passage – est victime de ses préjugés, préjugés qui sont soigneusement entretenus… par ceux mêmes qui y habitent ! On pourrait croire que ce sont eux qui les combattent avec force et courage, mais non ! Bien entendu il y a les faits (je suis très didactique moi aujourd’hui), contre lesquels on ne peut rien : en Irlande, il pleut. Enfin ça, c’est comme à peu près partout sur la planète. Bon ok j’avoue : il y pleut certainement plus qu’en Australie ou en Espagne (ou que dans les îles du Pacifique). Bref, c’est vrai, pas de bol pour l’Irlande, elle a été plantée trop au nord (entre 51°5’ et 55°5’ de latitude nord), mais c’est comme ça on ne peut rien y changer ! Et même avec un lobbying forcené auprès de la chaîne météo, Enniskillen ne sera jamais Cancun et l’Irlande ne sera jamais une île du Pacifique (mais doit-on vraiment s’en plaindre ?).

Alors on fait avec. Chacun à sa manière, mais chacun, à sa façon, en en remettant une couche. Certains, donc, le font avec humour : « Tu vas voir, six mois de l’année, c’est le Loch Erne qui se trouve dans le Fermanagh, et les autres six mois, c’est le Fermanagh qui se trouve dans le Loch Erne ! ». D’autres le font en ronchonnant « j’en ai marre de ce temps de chien, et encore on n’est pas encore dans les pires mois de l’année » et patati patata. D’autres encore le font de façon biblique « cela fait aujourd’hui 39 jours qu’il pleut ». Ouais, enfin dommage pour vous, l’arche n’est pas encore terminée, mais si vous voulez commencer à vous rassembler par paires, ça fera gagner du temps. D’autres enfin cherchent à faire peur « Et encore, on n’est qu’en septembre, on en a encore au moins jusqu’en février comme ça ». Cool…

Pourtant, je vous jure, le temps n’est pas si mauvais. D’ailleurs, je ne suis pas le seul à le dire :

« En dépit de sa situation relativement septentrionale — entre 51° 5’ et 55° 5’ de latitude nord —, l’Irlande bénéficie d’un climat relativement doux, typiquement océanique, marqué par l’influence régulatrice du Gulf Stream qui réchauffe les eaux atlantiques. (…) L’uniformité climatique prévaut, le relief ne constituant nulle part un obstacle, et l’amplitude thermique annuelle est faible : les températures moyennes oscillent de 4 °C à 7 °C en janvier et de 14 °C à 16 °C en juillet. » (Encyclopédie Encarta)

Bon, effectivement, après la description se gâte :

« La douceur contraste avec l’humidité du climat : l’Irlande reçoit chaque année en moyenne 1 016 mm de pluie, répartis sur plus de 200 jours avec un maximum hivernal. La côte occidentale est plus exposée aux perturbations océaniques et aux forts vents d’ouest, porteurs de pluie et d’embruns : elle reçoit en moyenne 2 500 mm d’eau. » (ibidem)

C'est-à-dire environ 2,5 fois plus de précipitations que dans le Nord-Pas-de-Calais par exemple, qui est, comme chacun sait, la plus belle et la plus ensoleillée région de France (et j’interdis quiconque n’y a jamais les pieds de me dire le contraire, non mais !!)… Mais il n’empêche qu’il fait bon vivre en Irlande. Ou alors s’ils tiennent absolument à faire croire qu’il fait super mauvais tout le temps en Irlande, il faudra qu’ils trouvent une meilleure raison que sa localisation géographique septentrionale face à l’océan Atlantique. Je sais pas moi, il pourrait dire par exemple qu’ « en des temps reculés, alors que le monde ne s’appelait pas encore monde et qu’il n’ était pas encore peuplé par les humains, les dieux se déchiraient pour le contrôle des terres émergées. Tandis qu’une guerre fratricide faisait rage, l’un d’eux, Kazinos, eut l’idée d’attribuer un numéro à chaque part de territoire – autant de numéros qu’il y avait de dieux – et de les répartir par tirage au sort… » Et ainsi de suite jusqu’à la fin…

Oui c’est ça, il va leur falloir mettre le paquet, inventer une bonne grosse légende bien fantastique, bien épique, car autrement, leur réputation de pays où il pleut beaucoup, partout et tout le temps, sera bientôt ruinée…

PS : Mis à part ça, notre mise en route s’est bien passée. Premier jour tranquille marqué par la visite de Ashford Castle. Ashford Castle, c’est un vieux bâtiment moyenâgeux racheté par la famille Guinness (je ne pense pas – ou plus tout au moins – avoir besoin de préciser QUI est la famille Guinness !!!), et qui a aujourd’hui été transformé en hôtel de luxe quatre étoiles. D’allure extérieure, ça fait un peu château écossais, mais comme il est impossible de visiter le château, on s’est contenté de faire un tour dans les jardins. A retrouver dans les albums photos (comme toutes les autres étapes de notre périple).

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Hit the Road Jack

Si la météo irlandaise est bien une légende, en revanche les rumeurs concernant le mauvais état des routes irlandaises n’en sont pas une ! D’ailleurs, c’est bien simple, si on peut envier aux Irlandais leur bière et leur whisky [en exclusivité mondiale, je vous propose maintenant ma théorie sur la qualité de l’alcool en Irlande. Elle est très simple en fait : tous les Irlandais sont en fait des testeurs officiels des marques Guinness ® et Bushmills ®, c’est pour cela que la bière et le whisky sont si bons ici. Mais du coup, comme c’est très bon, les Irlandais en boivent encore plus, d’où le fait que tous les samedis soirs, les rues sont bondées de gens bourrées !], en revanche leurs routes, ce n’est pas l’autoroute du plaisir !

En fait, c’est bien simple, les routes irlandaises sont tellement étroites que tu ne roules ni à gauche – le bon côté par ici je le précise pour ceux qui envisageraient de traverser l’Irlande en voiture, quoique je ne suis pas sûr qu’avec ce que je vais dit, ils aient encore très envie de le faire ! – ni à droite, mais au centre ! Et encore, même au milieu de la route – enfin sur la route quoi – on est susceptible de ne pas être tranquille. Pourquoi ? Les moutons, ça vous dit quelque chose ? Attention, je ne parle pas de n’importe quel mouton, je parle du mouton irlandais ! Le seul ! L’unique ! Le mouton irlandais, c’est une race à part : c’est le SEUL mouton tout terrain au monde, capable de brouter partout et par tout temps ! Et notamment au milieu de la route (allez savoir ce qu’il broute alors ?)…

Bon évidemment, ce n’est pas partout comme ça. Non, la plupart du temps, ce ne sont pas les moutons qui sont gênants, ce sont plutôt les légions de gros 4×4 à pneus de tracteurs qui circulent dans ce coin-là. Oui, car les Irlandais ne connaissent pas la voiture normale, celle pour laquelle on n’a pas besoin de marche pied afin de monter dedans. Eux sont passés directement du tracteur au 4×4. Ce qui pose évidemment problème quand une Mini Cooper – nous – se retrouve face-à-face avec un 4×4 – tous les autres… 

En même temps, si je veux être franc, je dois dire que je comprends les Irlandais. Ben oui, les routes irlandaises, c’est un peu comme une jungle avec tous ces moutons sur les routes. Donc, comme dans la jungle, c’est la loi du plus fort qui prévaut : soit les Irlandais conduisaient des Mini Cooper et c’est eux qui y passaient, soit ils optaient pour les 4×4 et ils sauvaient leur peau. Alors, évidemment y’a pas eu photo ! 

N’empêche que je ne comprends pas pourquoi les Irlandais n’enferment pas leurs moutons dans des enclos comme tout le monde. C’est vrai quoi, ça permettrait d’éviter des carnages de moutons et de Minis Coopers. A moins que… Non, ça ne peut pas être ça… Peut-être que… Oui pourquoi pas après tout… Je viens de penser à quelque chose : et si les moutons irlandais étaient en fait la botte secrète du gouvernement irlandais pour lutter contre les excès de vitesse sur les routes du pays ? C’est une théorie un peu farfelue mais je vous rappelle qu’on est en Irlande, au pays de la Guinness et du Bushmills (c’est là qu’on va voir ceux qui me lisent en diagonale et ceux qui ont le courage de se taper mes pavés mot par mot et ligne par ligne !).

« Et pourquoi continuent-ils à mettre des moutons sur les routes alors que les Irlandais, pas cons, ont trouvé la parade suprême avec le 4×4 ? »

Merci Moi-même d’avoir posé la question. Je vois deux explications. La première est la suivante : contrairement à ce que l’on croit, Molly n’était pas la première brebis clonée. En effet, il y a de cela des années, quand le gouvernement irlandais a décidé de se servir des moutons comme ralentisseurs, il a fait modifier les gènes de quelques moutons afin que ceux-ci se reproduisent plus vite, et ce dans le but légitime de contrôler le coût de son investissement. Résultat, il est aujourd’hui impossible d’enrayer la prolifération de l’espèce, car les moutons se reproduisent trop vite pour qu’on puisse y faire quoi que ce soit…

La deuxième, c’est que le gouvernement irlandais, toujours lui, avait décidé de frapper un grand coup dans le domaine de la sécurité routière. Dans ce but, il avait donc signé dans le plus grand secret un contrat avec le puissant syndicat des bergers irlandais. Ce contrat stipulait que l’Etat irlandais s’engageait à acheter au syndicat 50% des moutons nouveaux-nés, et ce sur une période de plusieurs décennies. Résultat, depuis des dizaines d’années, et malgré la parade trouvée par l’automobile club irlandais, le gouvernement continue d’honorer son contrat, attendant patiemment que celui-ci prenne fin.

« Si ça c’est pas de la légende !

_ Euh, Moi-même, tes commentaires, tu peux te les garder hein ! Et puis si t’as une meilleure idée, tu peux toujours nous en faire part.

_ ...

_ C’est bien ce que je pensais… Je peux continuer ?

_ …

_ Je te remercie. »

Où en étais-je ? Ah oui ! Les moutons… Enfin y’a pire. Oui, car il arrive parfois que, comble de malchance, on se trouve nez à nez ET avec un mouton ET avec un 4×4… A ce moment-là, c’est la Mini qui se barre quatre à quatre (enfin c’est ce qu’elle ferait si elle avait des jambes). Non moi je vous le dis, c’est très simple : là-bas, quand t’as une Mini Cooper, t’as pas le droit de rouler. Ou alors tu prends le bas-côté. Et c’est à ce moment-là que paf ! tu te prends un autre mouton qui broutait tranquillement son herbe ! Oui, comme vous dites, y’a vraiment de quoi devenir chèèèèèèèèèvre…

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Les Lacs du Connemara

Pendant les vacances, comme on était souvent sur la route, la radio (RTE2 FM, devenue depuis la seule radio que l’on écoute même dans la cuisine) ou les cassettes marchaient beaucoup, et on avait donc toujours un fond de musique. Malheureusement (?), pas de chanson française, et donc… pas de Michel Sardou interprétant la très fameuse chanson « Les Lacs du Connemara » pour accompagner notre traversée. Rhalala quel dommage ! Ce sont les TAC (souvenir de l’année dernière) qui vont déchanter. Je suis d’ailleurs au regret de leur annoncer que je les quitte et que j’ai le plaisir (et le malheur) de vous annoncer ici même la naissance du groupe mort-né, The Foreign Casseroles, qui n’aura vécu que l’espace de quelques jours, dans nos têtes et dans nos discussions, ce qui, ma foi, est amplement suffisant, vu les qualités vocales édifiantes de ses différents membres (moi le premier, mais j’assume tout à fait !)…

Mais revenons à nos moutons (je sais, c’est très nul comme feinte, mais vous n’allez quand même pas me blâmer de contribuer à la défense de la richesse de la langue française ?)… La deuxième journée de notre périple a commencé très tôt. Enfin un peu moins tôt que ce qu’il aurait dû, puisque c’était le dimanche où l’on changeait d’heure (60 minutes de dodo en plus !), mais très tôt quand même. En effet, comme nous voulions passer la journée sur Inisheer, l’une des trois îles d’Aran (avec Inis Mor et Inis Man), il nous fallait attraper le bateau qui partait au matin vers 10h30. Ce qui voulait dire qu’on devait être debout vers 6h30 au matin, le temps de prendre la douche, le petit déjeuner et de faire la route jusqu’à Rossaveal. Je me rappelle d’ailleurs qu’outre des paysages assez superbes, on avait pas mal ramé à certains endroits, car pour ceux qui ne le savent pas, les gens parlent encore (un peu) gaélique dans l’ouest irlandais (tiens, vous voyez que je ne suis pas le seul à défendre ma langue !)… ce qui implique bien évidemment que les panneaux indicateurs sont aussi en gaélique… N’est-ce pas charmant ?

Toujours est-il qu’après avoir navigué à l’aveugle ou presque pendant une bonne demi-heure, nous sommes enfin parvenus à Rossaveal, où nous avons donc laissé Choupette (c’est le nom de la Mini, approuvé même par sa conductrice allemande) jusqu’au lendemain matin.

Acheter des tickets pour effectuer la traversée jusqu’aux îles d’Aran, c’est entrer de plain pied dans la lutte entre les anciens (les gens du cru) et les modernes (les incrustés). Nous n’avons pas été directement concernés, car nous avons acheté nos billets bien loin du port et de l’endroit d’embarquement, là où la lutte fait rage, mais en revenant d’Inisheer, j’ai été le témoin de cette foire d’empoigne verbale… D’habitude, sur les ports, c’est à celui qui gueule le plus fort pour vendre son poisson (je tiens à préciser que le verbe « gueuler » n’est ici empreint d’aucune connotation négative). Cette fois-ci, pas de poissons à vendre, mais des chalands qu’il faut attirer dans ses filets. Dans le rôle de l’appât, deux sirènes qui jouent de leur voix mélodieuse pour draguer les « marins d’eau douce ». Chacune a ses arguments, mais toutes les deux rament, car le passant se fait rare en cette période de l’année. Et quand un touriste égaré s’apprête à mordre à l’hameçon, les deux sirènes se font pirates : à l’abordage et pas de quartiers !

Autant dire que la cible n’a dès lors que très peu de chance de pouvoir mettre les voiles. Personnellement, je n’aime pas être pris entre deux feux, mais notre valeureux voyageur, lui, ne s’est pas laissé démonter par la houle : « Alors Mesdames, pile ou face ? » « Pile ! » crie l’ancienne, « Face ! » hurle l’autre. « C’est face. Désolé Madame… » Et tandis que la gagnante se met à rêver à la pêche miraculeuse, la perdante elle fourbit ses armes, pérorant dans son coin, insultant l’autre comme du poisson pourri…

La seule chose dont je ne me souviens plus en ce qui concerne cet incident, c’est si notre naïade a injurié sa concurrente en gaélique ou en anglais. Non pas que cela fasse une grande différence pour moi (je ne suis pas spécialiste en « gromotologie anglaise »), même si nous avons profité de notre séjour sur Inisheer – et de la rencontre de Paul, Irlandais très « républicain » – pour enrichir notre déjà immense (si si) culture linguistique de quelques mots d’irlandais… que j’ai déjà oublié pour la plupart, hormis « slantja » (à la tienne !), « mentora » (professeur) et « amadon » (imbécile). Allez savoir pourquoi…

Pour terminer sur Inisheer (didactique oblige…), ajoutons que c’est la plus petite des trois îles d’Aran, par sa taille (4km carrés) et par son nombre d’habitants (environ 250), ce qui nous a fait dire que quand même, trois pubs pour si peu de monde, ça faisait un sacré ratio ! Bon, il est vrai que les distractions manquent sur l’île – à moins que l’on aime compter les pierres, parce qu’alors là il y en a pour des jours – donc forcément il faut bien un lieu où les gens peuvent se rencontrer. Et là à part l’église, force est de constater que Là-bas, sur Inisheer, On vit encore Au rythme des pluies Et du soleil, Au pas des chevaux…

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Galway, Gaule-way, Go-away ?

Dans ce périple, Galway s’annonçait comme une oasis, un retour furtif mais indispensable à la civilisation. Galway, la seule véritable ville sur notre route. Un îlot perdu au milieu d’un océan de verdure, de moutons et de routes mal entretenues. L’attraction.

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« Mon royaume pour [une petite cuiller] ! »

Assis à une table du King’s Head, Jutta, Martina et moi (toujours accompagné de moi-même) maugréons contre le barman. Nous sommes dans le pub le plus célèbre de la ville – une chance que nous ayons trouvé une table ! – et alors que tout aurait pu bien se passer, voilà qu’à peine la commande passée, cela tourne déjà au vinaigre – une chance que nous ayons trouvé une table ????

Je ne sais pas comment raconter cette histoire sans qu’elle paraisse stupide. Je me triture les méninges pour trouver une manière intéressante de narrer les événements, mais pour le coup, il me sera plus que difficile de transformer la boue en or, et même les légendes n’y pourront rien. Mais puisque j’ai décidé de raconter notre semaine en chanson, je crois qu’il est des paroles qui s’imposent tout naturellement ici pour résumer l’attitude de notre cher ami : « quand on est con, on est con ». « Pourquoi tant de haine ? », me direz-vous, et vous avez raison, je vous dois une explication. Celle-ci est d’ailleurs très simple : à cause de petites cuillers.

Yep, pour si peu. C’est vrai que ça n’a l’air de rien, des petites cuillers. C’est insignifiant une petite cuiller. Un luxe, une babiole, un gadget peut-être même pour certains. Il est sûr que si les petites cuillers venaient à disparaître, le monde ne s’écroulerait pas pour autant (ou alors c’est que les gens sont encore plus fous que je ne le crois). Mais le fait est qu’elles existent toujours et que même si ça fait suer un serveur pas très serviable (je vous laisse apprécier le paradoxe), les petites cuillers, il arrive que les gens s’en servent, et plus souvent qu’il ne semble le croire.

Mais peut-être lui-même en fait-il l’économie ? Non pas que je m’en soucie, car il peut bien faire ce qu’il veut, mais j’essaye de comprendre pourquoi ce monsieur refusait de nous donner des cuillers pour touiller notre Irish coffee (je ne m’attarderai pas ici sur la propreté du verre, sinon il y aurait de quoi déclarer une troisième guerre mondiale…)… Ou alors il les collectionne ? Ou bien il les jette à la poubelle après la première utilisation ? Ou encore, il s’en sert pour décorer les murs de sa chambre ? Ou peut-être veut-il aider les gens à décrocher de leur addiction à la petite cuiller ? Je cherche, je cherche, mais plus je cherche et moins je trouve. Non, pour être exact : plus je cherche et plus je verse dans l’absurde.

Et même en cherchant du côté de l’absurde… (songes) Oui, pourquoi pas après tout : peut-être ne sait-il pas ce qu’est une petite cuiller ? Ou peut-être est-il en fait un extraterrestre qui venait de prendre possession du corps d’un humain ? Nan, la science fiction, ça ne marche pas non plus. Alors, Monsieur le barman, POURQUOI ???? Ce n’est plus une simple question que je vous pose, c’est LA question. Celle qui peut changer la face du monde (finalement on y arrive…). LE secret le mieux gardé de toute l’humanité.

Bon allez, j’arrête là le délire, toute cette histoire n’a ni queue ni tête. Enfin, pour être tout à fait honnête, des cuillers, il a fini par nous en donner. Des sales. Une première fois. Puis une deuxième fois quand on y est retourné quelques minutes plus tard.

« N’est stupide que la stupidité » a dit le grand penseur qui courait très vite… Ouais, je crois qu’avec ce barman, on a rencontré la Stupidité. Et le pire, c’est qu’on a été assez stupide pour retourner dans ce pub en soirée. Allez comprendre…

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Galway… 

« Galway (ville), en gaélique Gaillimh, ville de l'ouest de la république d'Irlande, chef-lieu du comté de Galway, port sur la baie du même nom.

La ville de Galway exporte de la laine et des produits agricoles régionaux ; elle possède, en outre, de nombreuses pêcheries, distilleries, fonderies et minoteries. De nombreux bâtiments anciens de la vieille ville attestent une influence espagnole : en effet, la ville entretint, jusqu'au XVIIe siècle, un commerce florissant avec l'Espagne. La ville nouvelle, avec ses rues spacieuses, descend lentement vers la mer et le Lough Corrib. Parmi les églises de Galway, il faut retenir Saint-Nicolas, un bâtiment cruciforme datant de 1320. Il reste quelques fragments d'une muraille fortifiée, édifiée autour de la ville, aux environs de 1270, soit approximativement à l'époque où Galway prit son essor commercial. Galway est le siège d'un collège universitaire (1845) rattaché à l'université nationale d'Irlande. Population (estimation 1993) : 48 000 habitants. » (Encyclopédie Encarta)

Gaule-way…

Des Français. Un peu, beaucoup, passionnément. A la folie ? Non, trop à mon goût.

Go-away…

Une attraction qui tourne mal. Un grand huit qui vous étourdit. Une barbe à papa trop sucrée qui vous dégoûte.

Un paradis, mais artificiel, enfin… pas (plus) forcément très authentique. Ou trop authentiquement irlandais : un paradis… pour les touristes.

Une carte postale. Et le cliché qui va avec. 

Il est temps de partir.

Mais on reviendra, c’est sûr.

En attendant, « the show must go on ».

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On the Road ! AGAIN ??!!

Mine de rien, si l’on fait le compte, elle en a fait des kilomètres la Choupette ! Environ 900 (un peu plus ou un peu moins, je ne me rappelle pas). Ce qui veut aussi dire que ses occupants (Martina, Jutta et moi, si jamais vous ne suiviez pas !) ont aussi parcouru environ 900 kilomètres. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas forcément la voiture que ça a le plus fatigué !

Il faut bien garder à l’esprit une chose quand je dis ça. Non, en fait, il bien garder à l’esprit DEUX choses quand je dis ça. Premièrement, la voiture dans laquelle on a voyagé, c’est une Mini. Deuxièmement, je mesure environ 1m87. J’ajouterai même – troisième chose – que nous étions trois personnes dans la voiture. Trois personnes, deux sacs de randonnée pleins à craquer et une valise à roulettes non moins pleine. Entre autres. Avec un coffre de toit certes. Mais dans la Mini tout de même…

Cela donne parfois quelques scènes assez cocasses. Du genre quand il y a une bosse sur la route : « boum boum boum !» fait la voiture et « dong ouch aïe ! » font en cœur Martina et Vincent. Et encore je n’ai pas à me plaindre. Je pense que ma situation était « confortable » comparé à celle de Martina à l’arrière. Il faut dire que la Mini ne ressemblant par définition que très peu à un monospace, Martina se trouvait fort peu à son aise. Mais les routes étant loin d’être praticables (moutons, 4×4, j’en passe et des meilleures), Martina avait régulièrement l’occasion de constater par exemple la voiture était basse et combien le toit était proche du sommet de son crâne. Ou bien encore avait-elle la joie de tester la qualité et l’endurance des amortisseurs (et aussi, à son grand dam, de son postérieur. Aussi, le voyage avançant, la fatigue s’accumulait. Eh oui, on the road… AGAIN ?!?!

J’ai l’air de me plaindre, mais j’ai trouvé ça très marrant au contraire. Et puis voyager en Mini, ça a aussi ses bons côtés. Sans compter que cela nous a offert quelques bonnes tranches de rigolade.

1) Premièrement, la Mini de Jutta est allemande, c’est un vieux modèle et elle est verte avec un toit blanc. Trois bonnes raisons de se faire remarquer. Et effectivement, ça a plutôt bien marché.

2) Deuxièmement, il y avait trois personnes dans la Mini de Jutta, avec chacun un sac de voyage )ou une valise, et aussi un coffre de toit. Deux autres bonnes raisons de se faire remarquer.

3) Enfin, troisièmement, la Mini est… mini (ouh la lapalissade ! ouh le pléonasme !). Et au milieu des moutons, 4×4, j’en passe et des meilleures, ça fait vraiment… mini. Une dernière TRES bonne raison de TOUT FAIRE pour qu’on remarque notre mini Mini !

Enfin, dans le Connemara, nous ne sommes pas les seuls à nous être fait remarquer…

S’il y a bien quelque chose que tu es sûr de trouver quand tu vas dans le Connemara – en dehors des beaux paysages, des moutons, des 4×4, j’en passe et des meilleures – c’est la tranquillité. Car il n’y a pas plus perdu et isolé que le Connemara (en tout cas le Connemara fait partie du top 10).

Et pourtant DonG oUChe ! … Désolé… Pourtant, disais-je donc, ce jour-là (le 31 octobre 2006), un évènement vint rompre cette inaltérable monotonie. Alors que nous roulions sous le soleil de l’après-midi tout en admirant le paysage sur la route quelque peu cabossée qui traverse le Connemara, nous fûmes bientôt intrigués par la présence sans cesse grandissante de voitures garées sur le bas-côté. Et soudain, il a bien fallu se rendre à l’évidence : des voitures, devant, derrière, sur les côtés, partout ! Nous étions coincés dans un embouteillage au beau milieu du nulle part du Sud ! Mais au moins, on avait les beaux paysages pour se consoler.

Enfin, le plus drôle dans l’histoire, ce n’est peut-être pas que l’on se soit retrouvé en plein milieu d’un embouteillage. Non, croyez-moi quand je dis que la raison pour laquelle on a avancé au ralenti pendant une bonne heure et demie est infiniment plus marrante.

Mais avant d’y venir, laissez-moi encore une fois vous donner un petit aperçu de la culture irlandaise… Comme vous le savez peut-être, le Connemara est très réputé pour ses poneys. Le poney du Connemara, pour vous le décrire un peu, a des pattes assez courtes, qui lui permettent néanmoins de parcourir de longues distances. Il est le produit de son environnement naturel : les montagnes accidentés de l’ouest irlandais. Solide sur ses pattes, vigoureux et très agile, il possède de très grandes qualités de résistance, d’endurance et d’adaptabilité. Le poney du Connemara est enfin très réputé pour sa versatilité, son caractère gentil et raisonnable, ainsi que sa capacité à tracter de lourdes charges sans rechigner… Quand j’y réfléchis, si je ne savais pas que je parlais du poney du Connemara, je penserais que je parle de la Mini ! Mais non, il n’en est rien.

Pour être franc, je n’ai pas à me vanter de quoi que ce soit. En fait, je devrais même avoir honte. Pour deux raisons. La première, c’est que je me suis contenté de traduire de manière approximative l’extrait d’un article trouvé sur un site internet. Ensuite, parce que j’ai quand même eu le temps de les admirer ces poneys durant notre fameux embouteillage en plein milieu du Connemara ! Ben oui, c’est même à cause d’eux qu’on a été bloqué !

Vous connaissez certainement tous la braderie de Lille. « Ca y est, le revoilà qui ramène sa science. _ Oui, Moi-Même, mais ça ne sera pas long. » La braderie de Lille donc. Et ses rues pleines à craquer d’étals, de bibelots à brader et de badauds qui flânent. Partout, partout, partout. Si vous ne connaissiez pas, au moins en avez-vous maintenant une image, même vague. Gardez-là bien en mémoire. Bien, maintenant, oubliez Lille. Transportez-vous dans la campagne. Imaginez une seule route et une seule, étroite, qui traverse des plaines d’herbes folles. Puis transférez-y la braderie de Lille, avec les étals, les bibelots et les badauds qui flânent. Ajoutez-y les poneys du Connemara et vous obtiendrez une horse fair (vente de chevaux et aussi braderie dans ce cas-là) ou le pourquoi du comment de notre embouteillage…

Une horse fair, c’est comme un mouton, ça ne prévient pas. Et quand c’est sur la route, eh bien vas-y pour avancer ! Plus sérieusement, je suspecte le gouvernement et la sécurité routière irlandais d’être encore derrière tout cela…

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Chorus

Après vous avoir époustouflé par mon savoir (on a toujours le droit de rêver non ?), je vais maintenant vous émerveiller par mes talents de photographe. Pour éviter de vous éblouir, veuillez saisir la paire de lunettes de soleil la plus proche et filons maintenant au sommet du Mont Minaun, sur Achill Island… Pas de mots, juste des photos. Parce qu’elles parlent d’elles-mêmes, et surtout mieux que moi.

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Ah… Achill Island… (soupirs)

Oui, Achill Island… La vraie attraction. Le VRAI endroit à ne pas manquer (quand il fait beau bien sûr).

Tiens, j’aurais d’ailleurs une autre histoire à vous raconter à propos d’Achill Island. Une sombre histoire de tentative de meurtre dans l’auberge de jeunesse où on a dormi… Ca s’est passé il y a longtemps. On a même écrit un livre (The Playboy of the Western World) et tourné dans ces mêmes lieux un film (avec Daniel Craig, le nouveau 007) à ce sujet…

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Les Choristes

"On apprend toujours de ses erreurs, mais même en les corrigeant, on n’est jamais à l’abri de rien, et surtout des erreurs des autres !"

A Limavady, on avait atteint un niveau jamais égalé de désorganisation. Eh bien à Sligo, on a surtout joué de malchance !

Vaccinés par l’épisode de Limavady, on avait en effet réservé les auberges de jeunesse quelques semaines à l’avance, histoire de ne pas être pris au dépourvu le moment venu. Manque de bol, alors que tout s’était très bien passé jusque là, Sligo, dernière étape de notre Mini tour of Ireland, nous a rappelé que l’on ne contrôlait jamais tout à fait tout.

Arrivés à Sligo en fin d’après-midi, notre premier réflexe fut comme d’habitude de chercher l’auberge de jeunesse, afin de nous délester de nos sacs et de pouvoir vagabonder plus à nos aises ensuite. C’est donc ce que nous fîmes, sauf que… Sauf que lorsque nous arrivâmes à l’auberge de jeunesse, la propriétaire nous annonça qu’ « une erreur avait été commise lors de la réservation. La personne qui s’en est occupée n’a pas fait attention que l’auberge affichait déjà complet à cette période de l’année à cause du concours de chorale qui se tient en ville ce week-end. Comme la réservation a été prise en compte et qu’il n’y a aucune place de libre dans les autres hôtels de la ville, je vous propose de vous loger ici tout de même, mais pas dans ce bâtiment, dans celui qui se trouve de l’autre côté de la cour. Je vous prie de nous excuser, mais on essaye de vous prévenir depuis trois jours en téléphonant dans toutes les auberges de la région et même du pays, malheureusement il semblerait que l’information ne soit pas passée. »

A Limavady, cette péripétie aurait été la goutte qui fait déborder le vase. Mais à Sligo, peut-être à cause de la fatigue, peut-être parce qu’on s’est dit qu’il y avait des choses plus graves, on n’a pas fait les difficiles.

Bien sûr la pièce a d’abord été trop froide (au point que les filles s’endorment avec leurs manteaux) puis trop chaude. Bien sûr on a dormi par terre sur des matelas. Bien sûr on a payé le même prix que si on avait dormi dans un vrai lit, mais après tout on allait pas se laisser gâcher la semaine pour ça !

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I wish I was back home in Enniskillen

Vous savez comment ça se passe quand on est sur le chemin du retour. Souvent, on est partagé entre deux sentiments contraires.

Le premier sentiment, c’est celui que l’on a avant le départ, et pendant toute une partie du voyage. Le premier sentiment, c’est celui qui nous trotte dans la tête et que l’on a parfois au bord des yeux et qui nous dit « je ne veux pas rentrer ! ». Non, je ne veux pas quitter déjà ces vacances qui sont passées trop vite et dont j’ai l’impression de ne pas avoir profitées. Et l’on quitte les vacances à regret. On range les affaires dans le sac une dernière fois, on charge la voiture, et on embarque, direction le retour. Finies les randos, les photos et les restos. Re-bonjour « métro, boulot, dodo » !

Et puis il y a le deuxième sentiment. Le deuxième sentiment, c’est celui que l’on éprouve quand on lit pour la première fois sur un panneau au bord de la route « MAISON 100 miles ». A ce moment-là, le premier sentiment s’efface complètement. A ce moment-là, c’est le « je voudrais déjà être arrivé ! » qui prend le dessus. Et là plus question de vacances, on a juste envie de retrouver tout ce qu’on a quitté quelques jours, semaines, mois ou même années auparavant. Ce n’est pas faire preuve de légèreté, c’est juste humain. Après tout, there is no place like home (though Enniskillen is not my actual home, but that’s another story).

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Je vous ai raconté nos vacances, mais vous l’avez peut-être remarqué, je n’ai pas parlé de tout ce que j’ai fait et de tout ce qu’il s’est passé. Tribute donc à ce qui est passé à la trappe. J’ai nommé, entre autres : la rencontre avec le berger sur Achill et notre intéressante discussion sur l’éducation des enfants, la visite de Kylemore Abbey ou encore le premier fish and chips de toute ma vie. Non pas que cela ne valait pas le coup d’être raconté ou que j’aie oublié, au contraire, mais cela vous donnera l’occasion de me payer un café pour que je vous le raconte !

Posté par vinceinlille à 20:03 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]